Bus à hydrogène : Safra passe sous contrôle chinois
Céline Labesque
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La justice a choisi Wanrun, un industriel chinois, pour reprendre le constructeur de bus à hydrogène Safra.
Pierrick Merlet
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La justice a choisi Wanrun, un industriel chinois, pour reprendre le constructeur de bus à hydrogène Safra.
Pierrick Merlet
Il partait favori. Sans surprise, le groupe chinois Wanrun, a été choisi ce mardi par le tribunal de commerce d'Albi pour reprendre Safra, unique constructeur de bus à hydrogène en France et spécialiste de la rénovation de transports en commun. En proie à de grandes difficultés financières, l'entreprise albigeoise qui emploie 169 salariés, avait été placée en redressement judiciaire le 4 février 2025.
Trois candidats s'étaient alors positionnés pour reprendre les rênes de l'entreprise. Parmi eux, le français TTH, dont la dernière offre avait obtenu les faveurs de la Région Occitanie et des députés du Tarn. La société parisienne spécialisée dans la construction de voies ferrées proposait l'abandon de la construction de bus à hydrogène au profit de la reprise de l'activité rénovation de bus, métro et tramways, cœur de métier de Safra. TTH prévoyait pour cela le maintien de 130 collaborateurs dont 90 à Albi, l'apport d'un carnet de commandes de 50 millions d'euros, et d'« investissements rapides » pour étendre les capacités de production. Une offre sollicitée par les salariés de Safra mais qui était loin de convaincre la direction actuelle pour qui sauver son activité dédiée à la construction de bus à hydrogène était primordial.
Wanrun, candidat surprise de dernière minute, faisait alors figure de favori. Seul candidat à vouloir la poursuite de l'activité de construction de bus à hydrogène, l'industriel chinois proposait un investissement à hauteur de 40 millions d'euros et la poursuite de 121 emplois. Le 13 mai dernier, les organes de la procédure et le ministère public exprimaient leur préférence pour l'offre chinoise.
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Mais pour beaucoup, voir l'unique constructeur de bus à hydrogène français passer sous pavillon chinois laisse un goût amer. Quelques jours avant la décision du tribunal de commerce, la direction de TTH appelait dans un courrier transmis à La Tribune, au patriotisme économique : « Cela [finir sous pavillon chinois] ne serait pas digne de l'histoire industrielle de Safra qui existe depuis 70 ans, pas plus que d'une politique de réindustrialisation si souvent réclamée pour nos territoires, ni digne de la souveraineté industrielle que nous devons urgemment défendre et renforcer pour la préserver », écrivait son directeur général, Thierry Cezard.
Céline Labesque