Face au risque de voir l'unique constructeur français de bus à hydrogène passer sous pavillon chinois, l'ETI française TTH vient de revoir à la hausse son offre de reprise. Dans un courrier transmis à La Tribune, sa direction appelle au patriotisme économique les instances du tribunal de commerce d'Albi.C'est une véritable mise sous pression à l'égard des organes du tribunal de commerce d'Albi chargés de définir l'avenir de la Safra, en redressement judiciaire. L'unique constructeur français de bus à hydrogène, et spécialiste de la rénovation de transports en commun, est au bord de la faillite, coincé entre un lourd endettement et un management défaillant. Démarche peu commune dans ce type de dossier, le directeur général de l'ETI française TTH, candidat à la reprise, a mis en avant ses arguments dans un courrier adressé à La Tribune. « TTH se bat pour ne pas laisser l'entreprise emblématique d'Albi (Tarn) tomber entre les mains du consortium chinois, Wanrun, et renoncer à toute ambition industrielle », écrit notamment Thierry Cezard.
La bataille s'annonce acharnée entre les deux principaux candidats, alors que le tribunal de commerce doit rendre sa décision ce mardi 20 mai. Chacun des deux candidats dispose sur le papier d'arguments et de soutiens de poids pour faire pencher la balance en sa faveur. Surtout, les deux offres divisent fortement.
« Pas digne de l'histoire de la Safra »
Dans son courrier, TTH laisse sous-entendre avoir été victime d'un certain manque de volontarisme de la part de la direction de la Safra pour collaborer avec ses équipes afin de préparer l'offre de reprise. Une cause qui prendrait racine dans le fait que l'offre TTH, jusqu'à présent, concerne uniquement la reprise de l'activité rénovation de bus, métro et tramways, machine à cash de la société tarnaise, pendant que sa division de construction de bus à hydrogène a causé sa perte financière. La direction actuelle de Safra ne serait pas très enthousiaste face à ce scénario, elle qui souhaite absolument sauver son activité dédiée à la construction de bus à hydrogène lancée en 2010.
Partenaire politique, commercial et financier de la société qui emploie 170 personnes dans le Tarn, la Région Occitanie a pourtant fait savoir aux protagonistes du dossier qu'elle soutiendrait fermement l'offre de reprise de TTH, entreprise française spécialisée dans la rénovation des modes de transport lourd type train et qui affiche une forte croissance. Et ce malgré la volonté de TTH d'abandonner l'activité de construction de bus à hydrogène de Safra, pourtant très soutenue par la collectivité jusqu'alors. A ce soutien s'ajoute un premier vote des salariés de Safra, réalisé fin avril, qui a octroyé un large soutien à TTH. Mais ce vote s'est tenu quelques jours avant que son concurrent chinois Wanrun se positionne.