Toulouse s'est imposée au sortir du Covid comme le centre névralgique des projets d'aviation à hydrogène entre les annonces d'Airbus et la présence d'une poignée de start-up portant des projets d'aéronefs décarbonés.
Mais cet écosystème a essuyé en l'espace de quelques mois plusieurs vents contraires. L'été dernier, la pépite californienne Universal Hydrogen a fait faillite avec une trentaine de licenciements à Toulouse après une levée de fonds manquée. Début février, le président exécutif d'Airbus Guillaume Faury a estimé que l'écosystème nécessaire à l'entrée en service d'un avion à hydrogène « a cinq à dix ans de retard ». Le mois dernier, le gouvernement a revu à la baisse la capacité de production d'hydrogène « vert » à atteindre dans le pays.
Un brusque retour sur terre au moment même où à Toulouse vient de démarrer la construction d'un technocampus hydrogène dont la livraison est prévue courant 2026. Ce gigantesque projet à 45 millions d'euros financé par la puissance publique (l'État, la Région qui porte la construction du projet et Toulouse Métropole) avec un fort soutien des industriels (Airbus, Safran, Liebherr, Vitesco, H2 Pulse) doit incarner la politique volontariste régionale sur l'hydrogène et soutenir les enjeux de décarbonation des acteurs des transports.
Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président aux Transports au sein de la région Occitanie, les récentes actualités n'altèrent en rien la pertinence du projet.