« Les carnets de commandes sont pleins, la demande mondiale aérienne progresse, mais la filière se heurte à une pénurie de main-d'œuvre préoccupante », rapportait fin mai un rapport de la chaire Pégase. Sur un millier de jeunes de 15 à 24 ans interrogés, à peine 14 % d'entre eux envisagent une carrière dans la construction aéronautique. De plus, à peine 18% estiment qu'elles sont respectueuses de l'environnement, « mettant en évidence que ce secteur souffre donc d'un déficit de lisibilité sur ses valeurs, ses engagements et ses efforts de transformation ». Même si le pic de recrutements au sortir du Covid est passé, la filière a pourtant encore d'importants besoins avec 25 000 embauches prévues en 2025 d'après le Gifas (Groupement des industries françaises de l'aéronautique et du spatial).
Auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat ce mercredi 4 juin, le directeur de la stratégie d'Airbus, Matthieu Louvot, partage cette préoccupation. « L'aviation bashing n'aide pas à l'attractivité du secteur », regrette-t-il. Un paradoxe pour le dirigeant.
Le dirigeant pointe une méconnaissance des emplois du secteur. Ce qui rejoint les conclusions de la chaire Pégase relevant que les métiers industriels essentiels - chaudronnier, stratifieur-drapeur, techniciens composites - sont méconnus de plus de 70 % des jeunes, alors même qu'ils figurent parmi les plus recherchés par la filière. « Les métiers sont aussi très rémunérateurs par rapport à beaucoup de fonctions de services. En France, il existe bien sûr un sujet d'attractivité des filières techniques, notamment pour les filles mais pas uniquement », analyse Matthieu Louvot.