LA TRIBUNE : La guerre commerciale déclenchée par les Etats-Unis a-t-elle un impact dans le domaine militaire pour Airbus ?
JEAN-BRICE DUMONT : Peu. Nous n'avons pas énormément d'équipements ou de composants provenant des Etats-Unis. Nous ne sommes pas impactés par les tarifs douaniers. Pour Airbus, l'impact est en revanche plus complexe dans le domaine civil. Notre business dans la défense est beaucoup moins exposé. Notre problème dominant est plutôt la posture dictée par le politique pour un certain nombre de fournisseurs de grands blocs. Est-ce qu'un fournisseur américain va être aussi coopératif et motivé à faire aboutir un programme européen, indépendamment de la considération des tarifs douaniers ? Les écosystèmes ne vont-ils pas se refermer ? Face à ces menaces, nous avons intérêt nous Airbus à dire que notre écosystème est européen et pas seulement national. L'Europe a intérêt à faire front, le pack doit se resserrer pour ne pas voler en éclat.
Airbus n'a pas été compris sur le programme européen pour l'industrie de la défense (EDIP). Quelle est la position du groupe ?
Je ne sais pas ce qui a été mal compris. Airbus a évidemment toujours joué la carte de la souveraineté européenne. Comment pourrait-il en être autrement ! EDIP doit être un outil de préférence européenne. Mais c'est moins le pourcentage de contenu d'un matériel qui compte, que l'autorité de conception et la propriété intellectuelle. Sur EDIP, il faut tenir bon pour renforcer l'autonomie stratégique de l'Europe. Chez Airbus, ça ne fait aucun doute, que l'on soit à Toulouse, Madrid ou Munich.