Toulouse vient de lancer un programme national de formation visant à répondre aux besoins colossaux de la filière spatiale française, notamment dans le contexte du New Space.
« Les constellations deviennent de plus en plus importantes, de nouvelles technologies apparaissent... la façon de former les ingénieurs du spatial doit aussi évoluer. D'autant que la compétition à l'international devient de plus en plus féroce et peut mettre à mal les industriels européens. Attirer des jeunes talents et diversifier les formations devient une nécessité », estime Lionel Suchet, directeur général délégué du CNES.
La moitié des effectifs à renouveler
En pleine mutation, le secteur spatial fait face à d'énormes besoins de main-d'œuvre dans les dix prochaines années. Rien qu'en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie où la filière emploie plus de 20.000 salariés, le secteur prévoit entre 1.200 et 2.600 recrutements par an à horizon 2030 d'après un diagnostic réalisé par le pôle de compétitivité Aerospace Valley. Au-delà d'un boom d'activité, le secteur devra faire face à un important contingent de départs en retraite. « Dans les cinq ans à venir, il faut renouveler la moitié des effectifs. Sur une filière spatiale française de 70 000 salariés, cela représente plusieurs dizaines de milliers d'emplois », ajoute Lionel Suchet.
Pour répondre aux besoins colossaux de la filière spatiale et s'adapter à la nouvelle donne du NewSpace, un grand programme national de formation de 40 millions d'euros (dont 20 millions de financements étatiques via France 2030) a été lancé le 27 mai dernier depuis Toulouse.
Baptisé Comètes (compétences et métiers pour l'espace), il rassemble 26 partenaires académiques répartis dans cinq régions françaises avec l'ambition de former 11 000 apprenants en cinq ans, créer une dizaine de parcours en formation initiale et continue et sensibiliser 300 000 personnes aux enjeux du spatial.
Ingénieur en systèmes spatiaux, numérique et propulsion
Le programme vise d'abord à répondre aux futurs métiers en tension du secteur. L'étude d'Aerospace Valley prévoit une augmentation de 45% des besoins d'ingénieurs en systèmes spatiaux entre 2023 et 2032, de 33% pour l'électronique et les systèmes embarqués, de 47% pour la propulsion et de 48% pour le traitement et l'analyse numérique. Environ 70% des besoins concernent des postes niveau bac+5 mais l'assemblage des constellations va aussi demander d'importants besoins en production dès bac+3 et les technologies avancées vont aussi requérir le renfort de doctorants.
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