Alors que le Sud-Ouest est en première ligne face au risque de pénuries d’eau, le groupe tarnais investit 6,6 millions d’euros dans un projet d’usine sèche, une technologie permettant de recycler des eaux industrielles.L'été 2022 est toujours gravé dans les mémoires dans le Sud-Ouest. Après deux mois caniculaires, la Garonne avait cette année-là atteint son seuil le plus bas depuis 60 ans, même en vidant la moitié des réserves d'eau issues des lacs pyrénéens. « L'épisode de sécheresse de 2022, a été un déclic. Nous avions déjà un plan de réduction de notre consommation, mais nous nous sommes dit que si nous continuions à la même vitesse, cela n'irait pas assez vite. Nous risquions d'être limités dans notre développement par le manque d'eau. Il fallait trouver un projet de rupture si nous voulions continuer à produire localement », se souvient Frédéric Mayrand, directeur de l'usine de Soual (Tarn) du groupe pharmaceutique et dermo-cosmétique Pierre Fabre.
Au vu de ce contexte, les laboratoires historiquement implantés à Castres, dans le Tarn, ont annoncé investir 6,6 millions d'euros sur deux ans dans un projet d'usine sèche dans leur site de Soual. Cette somme correspond à environ 15 % du montant annuel des investissements des opérations industrielles et logistiques du groupe. Ce dernier élabore des compositions pour des marques dermo-cosmétiques (Avène, René Furterer, A-Derma, Ducray, Klorane) et a réalisé en 2024 plus de trois milliards d'euros de chiffre d'affaires.
« Au regard du coût du projet et du prix actuel de l'eau, nous ne cherchons pas à faire des économies », insiste le directeur. Ce choix, explique-t-il, a été fait avec un autre objectif : « Nous sommes convaincus, qu'il faut réduire l'impact environnemental car la ressource eau peut venir à manquer. »
80 000 mètres cubes puisés dans le milieu naturel chaque année
Depuis 2017, le groupe a déjà mis en place des outils pour réduire ses besoins en eau. « Sur le site de Soual, nous avons arrêté l'arrosage, modifié des procédés de fabrication, le nettoyage. Nous avons réussi à réduire de 25 % la consommation », énumère Frédéric Mayrand. Le site puise aujourd'hui 80 000 m³ dans le milieu naturel chaque année. Un niveau que le groupe juge encore trop important dans le contexte actuel.