La librairie indépendante montpelliéraine Sauramps (130 salariés, actionnaires : Jean-Marie Sevestre, P-dg, Jean-Luc Bonnet et Caroline Wodiczko) s'approche de l'issue de cet épisode de tempête qu'elle traverse depuis quelques mois.
En redressement judiciaire depuis le 13 mars dernier, les salariés du groupe attendaient pour le 6 juin, date limite de dépôts des offres, la liste des candidats à la reprise du groupe ou d'une partie des librairies du groupe (les librairies du Triangle en centre ville de Montpellier, le site du centre commercial Odysséum, et la librairie d'Alès dans le Gard).
La rumeur avait rapporté l'existence d'au moins trois repreneurs potentiels : celle de Benoît Bougerol, libraire et propriétaire de la Maison du Livre à Rodez (12) et de la Librairie Privat à Toulouse (31), celle de la chaîne de librairies Le Furet du Nord, et celle de l'architecte montpelliérain François Fontès (sans que celui-ci n'ait confirmé avant le 6 juin).
Quelques jours avant, le 2 juin, Françoise Nyssen, la ministre de la Culture qui était en déplacement à Montpellier, s'était déclarée « très attentive » au dossier Sauramps...
L'information a tardé à tomber, maintenant un suspense éprouvant pour l'ensemble des salariés. Alors que l'heure limite de dépôt des offres était à midi, à 18h30, les représentants du personnel n'avaient toujours aucune nouvelle.
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C'est finalement en début de soirée que les représentants du personnel apprenaient que trois offres avaient été déposées, chacune portant sur un périmètre différent, avec évidemment un coût social qui variera en fonction.
Une seule offre porte sur l'ensemble des librairies Sauramps. Il s'agit de celle formulée par le Montpelliérain François Fontès, ou plus exactement par sa société Ametis, spécialisée dans le logement locatif aidé et qu'il dirige avec son associé Bertrand Barascud.
François Fontès rappelle qu'il a déjà mené ce type d'opération en se portant au chevet du magazine Architecture d'Aujourd'hui et des Ateliers Jean Nouvel. Sans développer trop précisément son offre, il annonce qu'elle prévoit un investissement de 3 M€, notamment pour financer les travaux. Sur le volet social, le potentiel repreneur évoque « la reprise de 85 salariés dans un premier temps ».
Une seconde offre émane de Benoît Bougerol et ne porte que sur la reprise de la librairie Sauramps d'Alès, 13 salariés.
La troisième offre, celle du Furet du Nord, proposerait le rachat des librairies du Triangle et de celle d'Alès, excluant celle d'Odysséum. Au moment où nous mettions cet article en ligne, nous n'avions pas pu joindre Pierre Coursières, le P-dg du Furet du Nord, afin de connaître les contours de son projet.
En difficulté depuis de nombreux mois, le groupe Sauramps avait fait l'objet de deux propositions de rachat fin 2016, par Matthieu de Montchalin, patron de la librairie L'Armitière à Rouen (76), également le président du Syndicat de la librairie française, et par Benoît Bougerol.
C'est l'offre de Matthieu de Montchalin qui avait été retenue. Mais ce dernier n'ayant pas apporté les justifications de sa capacité à pouvoir assurer tant le financement de son projet de reprise que la réalité formelle des cessions de titres envisagés, son offre n'avait finalement pas été retenue. Laissant la profession libraire interloquée par la méthode, et les salariés très en colère...
Le 3 mars, la fin de la procédure de mandat ad hoc avait donc acté l'absence de repreneur de la librairie, et les établissements avaient été placés sous redressement judiciaire dans la foulée.
Les représentants du personnel, qui vont maintenant se pencher sur les offres avec l'administrateur et un cabinet d'expertise, déclarent attendre des documents annexes qui viendront compléter des offres pour l'heure plutôt "maigres".
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Avec une audience à la barre du tribunal de commerce fixée d'ici deux à trois semaines, le dossier de reprise pourrait être réglé fin juin afin que le repreneur soit opérationnel dès juillet, ce qui permettrait de préparer la rentrée, toujours chargée, de septembre prochain.
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