Jusqu'au dépôt des offres auprès de l'administrateur judiciaire, les candidats à la reprise des librairies Sauramps (130 salariés), à Montpellier, étaient tenus au secret. Le 6 juin, date à laquelle les offres devaient avoir été déposées, on apprenait qu'elles étaient au nombre de trois : la société Ametis de l'architecte François Fontès (sur l'ensemble des librairies), le libraire de Rodez Benoît Bougerol (sur la librairie d'Alès), et la chaîne de librairies Le Furet du Nord.
Le groupe Le Furet du Nord, dont le siège se situe à Lomme (59), compte aujourd'hui 17 magasins, le dernier venant d'être créé à Saint-Quentin-en-Yvelines (78). Il emploie 420 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 90 M€.
Son P-dg, Pierre Coursières, a accepté de dévoiler plus avant son projet, qui porte sur les librairies du Triangle (78 salariés, dont 22 à Mauguio en fonctions support et logistique) et sur celle d'Alès (12 salariés), excluant la holding (5 personnes) et la librairie d'Odysséum (36 salariés).
L'homme est languedocien d'origine et connaît très bien Montpellier. En poste au Furet du Nord depuis 2003, il en a repris les rênes en 2008. Mais son offre de reprise inquiète certains salariés de Sauramps pour deux raisons.
Sur le premier point, Pierre Coursières se veut rassurant.
Sur la question des fonctions support menacées, il ne cache pas la réalité des faits : « Si on veut donner une pleine puissance à une offre commerciale, il faut des services support performants, ce qui demandera en effet une mutualisation avec nos services ».
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Son offre ne prévoit pas, en effet, de reprendre la totalité du personnel : « Nous reprenons environ les 3/4 des salariés, soit 34 personnes sur 49 au Triangle, et 9 sur 12 à Alès ». Une source proche du dossier décrypte : « En comptant 49 salariés au lieu des 78, il efface les fonctions pour lesquelles il ne reprend personne... ».
Pierre Coursières se veut toutefois positif.
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Pierre Coursières a toutefois posé des conditions suspensives non négligeables à la reprise : obtenir une remise aux normes par les bailleurs et revenir à un niveau de loyer cohérent au Triangle.
Le dirigeant s'apprête à rencontrer les représentants du personnel et l'administrateur judiciaire pour porter son offre.
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