Il y a quelques jours, le président de la FFB Occitanie établissait pour La Tribune un tableau de la situation dans le bâtiment. En Occitanie comme partout en France, et alors que la reprise s'amorce, la filière est sujette à des difficultés d'approvisionnement et de flambée des prix sur les matières premières.
« Aujourd'hui, nos entreprises ont beaucoup de travail mais les problèmes de prix des matières premières les secouent violemment,souligne Frédéric Carré.La production de matière premières - acier, bois, tôle, laminés, etc. - s'est arrêtée avec la crise du Covid. Or la consommation a repris plus fort que la production au niveau mondial. Les prix montent, Ça va de + 30% à + 100%. Il n'y a plus de stock donc ça ne se régule pas. On commande à flux tendus ! Aujourd'hui, certains fournisseurs nous disent qu'il faut compter trois mois de délais... On jongle avec ce qu'on arrive à trouver. »
Le président de la filière régionale, lui-même chef d'entreprise, y voit trois effets à plus ou moins court terme : des entreprises qui ont du travail mais qui vont devoir stopper des chantiers et mettre des salariés en chômage technique faute de matériaux, des entreprises qui perdent de l'argent alors qu'elles vont avoir notamment des PGE à rembourser, et une menace inquiétante de pénalités de retard. Sur ce dernier point, la Fédération française du bâtiment (FFB), qui avait alerté le gouvernement, a été entendue puisque le ministère de l'Économie a annoncé hier jeudi 20 mai le gel des pénalités en cas de retard de livraison, ainsi que la mise en place d'une médiation de filière pour le BTP.
« Le problème avec le prix des matières premières, c'est que nos devis ne sont pas révisables, et pour les marchés qui sont révisables, on a les chiffres que trois ou quatre mois après,souligne Frédéric Carré.Et si on répercute l'augmentation, on est trop cher et les chantiers ne sortent pas... On se bat au quotidien pour s'en sortir. Je refuse des chantiers ! »