En Languedoc-Roussillon, les analystes observent un rééquilibrage du marché de l’immobilier neuf en 2021, entre la métropole montpelliéraine qui a tourné au ralenti et les villes secondaires (Nîmes, Perpignan, Sète, Béziers, Narbonne). Au point que celles-ci ont représenté 55% des mises en vente de logements neufs, prenant le lead sur la locomotive qu’a toujours été Montpellier. Tendance durable ou exception temporelle ?Est-ce un point de bascule inattendu qui vient d'avoir lieu sur le périmètre de l'ex-Languedoc-Roussillon ? S'il est inédit depuis 2009, il est probable que les professionnels de l'immobilier l'aient vu venir, tant ils alertent depuis des années sur la raréfaction de l'offre en logements neufs sur la métropole montpelliéraine...
Car selon l'analyse des chiffres de l'immobilier neuf en 2021, réalisée par le cabinet Adéquation, les marchés secondaires (Nîmes, Perpignan, Sète, Béziers, Narbonne) ont été des relais de croissance d'un marché de la métropole montpelliéraine en fort ralentissement au point de représenter 55% des mises en vente. Habituellement, ces marchés pèsent plutôt 40% des mises en vente et la dynamique est largement portée par la métropole de Montpellier.
Cette bascule est le point fort de cette analyse chiffrée du niveau d'activité de la promotion immobilière, qui rejoint un constat fait au niveau national :
«Les petites et moyennes agglomérations de moins de 250.000 habitants en France ont connu une progression des ventes plus importante que la moyenne nationale en 2021,souligne en effet Simon Chapuy, directeur régional chez Adéquation à Montpellier. Alors que l'Île-de-France représentait 30% du marché global en 2019, il ne pèse aujourd'hui que 20%. L'avenir nous dira s'il s'agit d'une tendance de fond, mais il faut aussi préciser que ces territoires B2 et C de villes moyennes ont été peu investis en promotion immobilière jusqu'alors et qu'il y a donc un effet de rattrapage. »
D'autant qu'entre les marchés au ralenti, les stocks qui s'amenuisent et les prix qui montent dans les métropoles, les acquéreurs s'éloignent, et les opérateurs répondent à cette demande là où il y a du foncier disponible.
Un niveau historiquement bas
Que s'est-il passé en Languedoc-Roussillon en 2021 ? Comme partout, la tendance haussière sur laquelle surfait la promotion immobilière, particulièrement entre 2017 et 2019, avait été doublement percutée en 2020 par la crise sanitaire et par le traditionnel coup de frein des périodes d'élections municipales.
«En 2021,la demande est repartie en forte hausse, avec une augmentation de 26% des ventes au détail(4.400 logements, NDLR),même si on ne retrouve pas les niveaux hauts de 2017 ou 2019,indique Clémence Peyrot, experte des marchés occitans chez Adéquation à Montpellier.Mais par rapport à l'année de référence de 2019, les volumes mis en vente ont continué de subir une chute importante de - 20% et même de - 38% pour la Métropole de Montpellier, contre - 13% au niveau national... C'est la 3e année consécutive de baisse, et on atteint un niveau historiquement bas depuis 20 ans. Ça représente 3.450 logements sur l'ensemble du Languedoc-Roussillon(5.140 en 2019,NDLR), en sachant qu'on est monté jusqu'à 6.000 ou 7.000 mises en vente par an ! Ce qui confirme qu'on est bien dans une crise de l'offre et non de la demande. »