LA TRIBUNE - Vous avez pris la présidence de la FNAIM Hérault il y a un an, alors que la crise sanitaire était encore là. L'année 2022 est marquée, quant à elle, par une inflation croissante. Quel bilan anniversaire et de rentrée faites-vous ?
Thomas BRÉE, président de la FNAIM Hérault - L'année 2022 est une année d'élections pour la FNAIM, qui renouvellera le mandat du président national cet automne. Trois candidats se présentent... Ce que j'ai pu observer, c'est que la FNAIM était aux abonnés absents sur certains sujets. Par exemple, pour répondre aux problématiques de recrutements et de fuite de nos forces commerciales vers les réseaux de mandataires immobiliers que rencontrent les agences immobilières depuis quelques mois. Nous demandions notamment une vaste campagne de communication. La FNAIM Hérault lance, en septembre, son "Pacte agent commercial", sorte de boîte à outils pour recruter et fidéliser les agents. Il contient notamment des formations dédiées, des dispositifs inter-agences, des services - par exemple un comité d'entreprise, etc.
On a récemment beaucoup parlé du taux d'usure - les courtiers en crédits immobiliers manifestent d'ailleurs aujourd'hui à Paris, devant la Banque de France -, qui n'aurait pas été suffisamment relevé au regard de l'augmentation des taux d'intérêt et empêcherait certains acquéreurs d'accéder à un prêt. La Banque de France vient d'annoncer qu'elle allait procéder à un « relèvement proportionné » au 1er octobre. S'agit-il d'une bonne nouvelle pour le marché immobilier ?
C'est vrai qu'on a vu les taux d'intérêt augmenter, ce qui fait que le goulet dans lequel les prêts sont accordés a rétréci. Mais on n'a pas non plus observé de refus massifs de la part des banques qui ont encore de la marge au regard de leurs objectifs, fixés par rapport à 2019. Le fait qu'il y ait moins de biens en vente fait qu'il y a moins de ventes en volumes. Donc il y a peut-être un effet de plafond mais ce plafond est aussi psychologique : les gens sont freinés à la vente car ils ne sont pas sûr de retrouver un bien à acheter après avoir vendu le leur. Ce qui génère une crispation générale. Le relèvement du taux d'usure apportera certes une nouvelle respiration sur les accords de prêts mais ceux qui sont refusés aujourd'hui ne seraient probablement pas passés... Le vrai frein, sur le marché, c'est l'envie des clients à aller vers une vente ou un investissement. Cependant, comme il existe une menace effective d'augmentation des taux, c'est fortement incitatif à l'achat et aujourd'hui, tout se vend !