Le marché immobilier des Pyrénées-Orientales s’affiche comme un patchwork différencié de zones plus ou moins dynamiques. Si les volumes de ventes se sont effondrées en un an quelle que soit la typologie de biens immobiliers, les prix, eux, font de la résistance, en particulier sur le littoral et en zone de montagne.La baisse du nombre de transactions immobilières* est une réalité un peu partout en France. Dans le département des Pyrénées-Orientales, l'effondrement du marché de -28% (soit 11.300 ventes) entre le 1er juillet 2023 et le 30 juin 2024 est plus important qu'au niveau national (-22,6%).
« Le volume des ventes a baissé, quelque soit le type de bien considéré : -27% pour les appartements anciens, -59% pour les appartements neufs, -25% pour les maisons anciennes et -38% pour les terrains à bâtir »,énumère Me Jean-Luc Brieu, notaire à Estagel et président de la chambre des notaires des Pyrénées-Orientales.
Mais le marché immobilier catalan affiche toutefois une différence : alors que la baisse des volumes de transactions s'est quasiment partout en France accompagnée d'une amorce de baisse des prix, les valeurs continuent d'augmenter dans les Pyrénées-Orientales.
Héliotropisme, mer et montagne
Au niveau national (hors Ile-de-France), les prix ont régressé de -1,9% pour les appartements anciens et de -4,7% pour les maisons anciennes en un an. Mais dans les Pyrénées-Orientales, « les prix médians font de la résistance, maintenant leur augmentation », souligne Jean-Luc Brieu : +3,7% pour les appartements anciens (à 2.370 euros/m2, soit + 34,1% en cinq ans), +19% pour les appartements neufs (à 4.500 euros/m2) et +5% pour les prix de vente médians des terrains à bâtir (à 93.700 euros).
« Dans ce département "mer-montagne-plaine", on continue d'avoir une démographie positive de 1 à 1,2% par an, en raison d'un héliotropisme qui fonctionne toujours et qui se cumule avec des prix les plus accessibles du pourtour méditerranéen, analyse Frédéric Malquier, le président de la FNAIM 66.D'autant que les métropoles de Montpellier et Toulouse ont connu des augmentations de prix bloquantes, et que la revalorisation des prix dans les Pyrénées-Orientales a pris du retard. »
Sur le segment des appartements anciens, la plupart des quartiers de Perpignan connaissent des baisses annuelles de prix (-2,2%), à l'exception des quartiers Université et Saint Gaudérique (+5%), et la hausse est tirée par les prix enregistrés dans les communes du littoral catalan, qui sont également celles où les volumes de ventes sont les plus dynamiques : ils varient de 1.310 euros/m2 à Amélie-les-Bains-Palalda, à 3.620 euros/m2 (+,35%) à Canet-en-Roussillon (+7,4%).