Olivier Kauffman et son fils Gauthier ne pouvaient sans doute rêver démarrage aussi tonitruant. Trois ans après le lancement de leur entreprise Windelo, vouée à construire des catamarans écolos, ils sont déjà obligés de plancher sur un agrandissement.Le Covid aurait pu être fatal à l'aventure, mais au contraire, il aura été un booster pour la marque de catamaran Windelo, créée à Canet-en-Roussillon en 2019.
«Curieusement, la crise du Covid n'a pas eu d'impact sur notre secteur, alors qu'il est en principe très sensible aux soubresauts de l'économie, comme on l'avait vu dans les années 1990 ou en 2008 avec de brutales contractions atteignant 50%», s'étonne le P-dg Olivier Kauffman.
Conséquence pour l'entreprise canétoise : le carnet de commandes de l'atelier qui peut produire six bateaux par an est plein 2022 et l'année 2023 déjà bien entamée : « Il ne serait pas raisonnable de vendre des bateaux à livrer en 2024, alors nous allons travailler au doublement de la surface de notre atelier pour doubler notre capacité de production » précise le dirigeant.
Olivier Kauffman espère avoir bouclé les dossiers d'agrandissement d'ici la fin de l'année, afin de pouvoir absorber le lancement d'un nouveau modèle qui a occupé une grande partie de l'énergie des équipes de l'entreprise ces derniers mois.
Empreinte carbone réduite
Au printemps, Windelo a en effet présenté le deuxième bateau de sa gamme, qui doit en compter quatre à terme. C'est un 54 pieds qui reprend le même concept écolo que le précédent, un 50 pieds un peu plus petit.
Les bateaux, un espace de vie spacieux recherché des plaisanciers, sont fabriqués à partir d'un composite qui permet de réduire de 45% l'empreinte carbone, et dotés d'un moteur électrique qui offre quatre heures d'autonomie. Autre atout écologique : des batteries qui se rechargent avec des panneaux photovoltaïques ou par le simple mouvement de l'hélice lorsque la navigation s'effectue à la voile.
«On constate que le marché évolue, et les catamarans ont le vent en poupe. Les autres fabricants ont bien travaillé le marché qui est mûr aujourd'hui, et on observe un transfert du monocoque vers le catamaran», ajoute encore Olivier Kauffman.