Réindustrialisation : « Il faut soutenir la création de micro-usines »
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Gwénaël Le Guennec, directeur de Geolink Expansion.
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Gwénaël Le Guennec, directeur de Geolink Expansion.
DR
Après une année 2024 en berne sur le plan des ambitions de réindustrialisation de la France, le ministre de l'Économie, Éric Lombard, s'est lancé dans un cycle de rencontre des grands patrons industriels du pays, lesquels ont dénoncé l'absence de politique nationale de soutien à l'industrie.
LA TRIBUNE - Suite à la publication de votre baromètre « Les grandes tendances de l'investissement productif en France », en décembre dernier, vous avez été invité par le conseiller industrie du président de la République pour partager votre expérience terrain et présenter votre data-room des projets d'investissements industriels durables. Quel est le diagnostic que vous avez délivré sur l'industrialisation du pays ?
GWÉNAËL LE GUENNEC - L'objectif était de montrer le niveau de la demande industrielle en France, dire où sont les projets d'usines, et quels sont les freins et les décalages qui peuvent exister avec les solutions proposées. On est venu avec une vingtaine de dossiers d'usines qui ont du mal à atterrir, avec l'idée de faire le lien entre la politique des territoires d'industrie et des sites clé en main, et les difficultés à faire aboutir les projets. Aujourd'hui, seulement 10 % des sites clés en main sont occupés, car ils ne répondent qu'à 10 ou 15 % des projets d'usines en France.
Vous prônez une politique de soutien qui ne néglige pas les projets de petites usines au seul profit des gigafactories qui font l'objet d'importants traitements médiatiques...
À lire également
En effet, il existe d'autres indicateurs pour évaluer la qualité d'un projet industriel que les millions d'euros investis ou le ratio emplois/m2. Par exemple, raisonner impact écologique et préservation des ressources plutôt que valoriser les gros investissements à capitaux étrangers. Et travailler sur des dispositifs « scale-out » (de passage à l'échelle, NDLR) permettant de soutenir la création de micro-usines, mieux adaptées à la ressource disponible, qu'elle soit humaine, foncière ou circulaire. D'où l'intérêt d'un outil de mesure d'impact pour évaluer les projets d'investissement et faire ressortir les mieux notés. Mais la question, c'est comment mettre ça en pratique alors que ce qui est instauré aujourd'hui sert à faire de la communication ?