Le 7 mai, le préfet du Gard mettait Nestlé Waters en demeure de retirer son système de microfiltration dans un délai de deux mois s'il voulait continuer de produire, depuis sa source à Vergèze, son « eau minérale naturelle » Perrier. Le groupe a jusqu'au 7 août pour prouver aux autorités que cette microfiltration, illégale et qui lui vaut des accusations de « fraude » et de « pratiques commerciales trompeuses », n'altère pas la qualité originelle d'une eau minérale naturellement pure et riche en oligo-éléments. D'ici là, l'instruction de la demande de renouvellement de l'autorisation accordée à Nestlé pour exploiter ses forages gardois se poursuit en vue d'une décision avant le 7 août. Et l'avenir des 1 000 salariés de l'usine reste suspendu. Muriel Lienau, présidente de Nestlé Waters, a promis de « trouver des solutions techniques ».
Pas vraiment de quoi desserrer l'étau qui étreint le Gard depuis plusieurs mois. Dans ce département, quasi seul territoire doté d'un bassin industriel dans l'ex-région Languedoc-Roussillon, les crises se superposent.
Ainsi, d'autres salariés sont victimes collatérales de cette crise chez Perrier : les 164 salariés de O-I Glass, ex-Verrerie du Languedoc passée sous pavillon de Owens-Illinois et également implantée à Vergèze. Le 8 avril, l'Américain a annoncé vouloir supprimer 320 postes en France, évoquant notamment le « déclin du marché du vin », « une surcapacité » et une « forte concurrence ». Il fermera sa verrerie gardoise, qui existe depuis 1973 et avait été créée pour répondre aux besoins en bouteilles de l'industriel de l'eau pétillante. Sur ses quatre lignes de production, trois sont d'ailleurs dédiées aux bouteilles Perrier et une à des bouteilles Heineken, mais « de 103 000 tonnes de bouteilles Perrier en 2012 on est passé à 65 000 tonnes en 2024 et ça continue de baisser », indique Yoann Goupille, délégué syndical CGT pour O-I Glass. Le groupe devait refaire le four (20 millions d'euros) mais c'est aujourd'hui un projet enterré.