Au lendemain de la décision inédite de la commission d'enquête sénatoriale sur le scandale de la fraude aux eaux en bouteille de publier l'ensemble des documents reçus par l'Élysée -révélant que « la présidence de la République savait (...) que Nestlé trichait depuis des années »-, elle salue « un changement d'aptitude substantiel » du groupe suisse.
Lors de son audition par la commission, Laurent Freixe, directeur général de Nestlé depuis le 1er septembre 2024, a répondu d'une manière « plus ouverte » que les précédents cadres du groupe, s'est félicité son président, Laurent Burgoa. Il n'était d'ailleurs pas accompagné d'avocats, a remarqué le rapporteur Alexandre Ouizille.
Laurent Freixe a notamment reconnu l'existence d'un rapport d'hydrologues mandatés par l'Etat ayant conclu à l'absence de pureté originale des eaux Perrier embouteillées dans le site du Gard, et ayant donc émis un avis défavorable sur la poursuite des activités de production d'« eau minérale naturelle » à Vergèze. Ce sont désormais les autorités sanitaires locales qui devront décider. « Nous nous préparons à tous les scénarios possibles », a reconnu Laurent Freixe, en insistant sur la volonté du groupe de « travailler dans la conformité » mais aussi de « restaurer la ressource ». Un scénario possible serait, par exemple, de poursuivre l'embouteillement sous la marque « Maison Perrier, » qui ne bénéficie pas du statut d'eau minérale naturelle.