Infrastructures : face aux multinationales, l'Afrique en marge de son propre développement ?
Aboubacar Yacouba Barma
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La dynamique est certaine et les perspectives prometteuses. Le développement du secteur des infrastructures en Afrique a inauguré une nouvelle niche de croissance, non seulement pour les investisseurs, mais aussi et surtout pour les entreprises. Si la quête des financements constitue encore un terrain presque en friche au regard de l'ampleur des besoins -ce qui offre encore de la marge pour les investisseurs africains, la participation du secteur privé risque de se faire au détriment des entreprises locales. Il est vrai que dans de rares pays du continent, certaines entreprises championnes opérant dans le secteur des BTP arrivent à glaner quelques appels d'offres, généralement de taille modeste, avec des cas assez rares de celles qui vont au-delà du marché local. La plupart du temps, ce sont les multinationales qui accaparent le «gâteau africain». Le cas des entreprises chinoises est de ce fait le plus parlant, même si ces dernières ne sont pas les seules à tirer leur épingle du jeu sur le continent et s'appuient le plus souvent sur certains avantages comparatifs comme le package complet qu'elles offrent, en s'appuyant sur le soutien financier de leur pays.
En 2014 par exemple, sur 322 projets d'infrastructures de grande envergure lancés une année auparavant sur le continent, les statistiques du gouvernement chinois font ressortir que près de 12 % de ces derniers avaient été entrepris par des sociétés chinoises et 37 % par des entreprises européennes ou américaines. Si l'on ajoute les entreprises de certains pays émergents, comme les opérateurs turcs, russes ou indiens qui sont également très actifs sur le continent, il ressort clairement qu'il ne reste qu'une infime partie pour les majeures africaines, lesquelles se comptent d'ailleurs sur le bout des doigts. La situation est d'autant plus alarmante que ces dernières années, d'autres facteurs tendent à amplifier cet écart au détriment des entreprises africaines.
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En plus de la taille de plus en plus importante des projets, l'expansion fulgurante des entreprises chinoises et l'arrivée de nouveaux prétendants dans le secteur, le moins que l'on puisse dire, c'est que les entreprises africaines sont encore une fois en train de se faire «larguer», alors que le potentiel de croissance n'est plus à démontrer. Surtout avec la vague des partenariats publics privés (PPP) sur laquelle surfe désormais le continent à travers les différents contrats signés ou en cours d'élaboration par plusieurs Etats avec des firmes internationales.
Aboubacar Yacouba Barma
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