« À l'origine, nous nous battions pour que notre boulot ne soit pas délocalisé à l'étranger. Aujourd'hui, nous savons que c'est foutu mais nous ne voulons pas partir avec des miettes », lance un monteur-ajusteur à quelques pas de l'usine.
Depuis plus d'une semaine, la production de l'usine du futur de Latécoère à Toulouse-Montredon est bloquée par plusieurs dizaines de salariés en grève. « Toutes les machines de l'usinage sont à l'arrêt. Plus aucune pièce n'est fabriquée. Sachant que la production de Montredon alimente les autres sites du groupe, la grève impacte aussi les sous-traitants et les clients », font remarquer Jean-Yves et Michel, usineurs au sein du groupe aéronautique. Les salariés et la CGT, qui soutient cette grève illimitée, espèrent avec ce mouvement faire pression pour obtenir de meilleures conditions de reclassement et de départ.
Rassemblement devant l'usine de Latécoère à Toulouse (Crédits : Rémi Benoit).
Dans le même temps, quatre mois après l'annonce de la délocalisation de cette usine du futur inaugurée en 2018 vers le Mexique et la République Tchèque, la direction de Latécoère a annoncé avoir signé mardi un accord avec les syndicats majoritaires du groupe (FO et la CFE-CGC). Le texte portant sur la GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels) prévoit un certain nombre d'aménagements pour les 109 salariés concernés par la réorganisation de l'usine.