« Quand j'ai pris mon poste de nuit à l'usine de Montredon après l'annonce de la délocalisation, je me suis dit : quel énorme gâchis ! Les bâtiments et les machines sont tout neufs, nous avions atteint une cadence de production et au moment où nous sortons la tête de l'eau, on envoie tout à l'étranger », s'indigne Georges Camus. Cet usineur de 59 ans dont 22 ans d'ancienneté au sein de Latéocère était ce mercredi matin avec une cinquantaine de collègues devant le siège du groupe à Toulouse pour dénoncer le plan de réorganisation annoncé le 25 janvier.
Les salariés de Latécoère ont manifesté ce mercredi devant le siège du groupe à Toulouse ( Crédits : Frédéric Scheiber).
Ce jour-là, la direction de Latécoère a annoncé aux salariés que faute de rentabilité, l'usine du futur de Toulouse-Montredon va voir ses activités transférées en République Tchèque et au Mexique. À la place, l'équipementier aéronautique veut regrouper les effectifs de ses sites de Colomiers et Labège. Ce dernier sera vendu et les machines utilisées pour faire des racks sur l'A330 et l'A400M seront envoyées vers son usine en Tunisie. « Le projet vise à faire évoluer la nature des activités de Toulouse Montredon afin que le site renoue avec la rentabilité et assure sa pérennité sur le long terme. Le site accueillerait des activités qui fonctionnent très bien et qui sont actuellement hébergées sur d'autres sites du groupe. L'usine du futur devrait accueillir également de nouvelles activités de pointe, comme un Centre de Développement Composites (CDC) dont la mise en service est programmée au premier semestre de cette année », expliquait il y a quelques jours à La Tribune un porte-parole de Latécoère.