Après une année marquée par la crise sanitaire, les opérateurs du tourisme fluvial abordent l’année 2021 dans un état de grande fragilité financière. Voies Navigables de France (VNF) a voté des mesures de soutien supplémentaires pour 2021 afin de maintenir la filière à flot. Un effort financier qui ne devrait pas nuire aux investissements prévus.Interdiction de naviguer au printemps 2020, désaffection des touristes, fermeture des établissements à plusieurs reprises durant l'année. Malgré les mesures mises en œuvre dès 2020 par Voies Navigables de France (VNF) et le gouvernement, l'année 2020 a été difficile pour les acteurs du tourisme fluvial qui attaquent 2021 dans une situation de grande fragilité financière.
Avec près de 900 km de voies navigables et flottables, réparties sur 21 voies (10 canaux, 3 rivières, 6 fleuves et 2 branches secondaires), le tourisme fluvial représente, en Occitanie, un enjeu majeur pour les trois segments de la navigation : bateaux promenade, bateaux de location et péniches-hôtels. En 2019, les retombées économiques de la plaisance fluviale sur le réseau géré par VNF en Occitanie s'élevaient à plus de 50 millions d'euros.
La clientèle étrangère absente
Mais la filière a subi la crise de plein fouet. Selon les données du Comité régional du tourisme et de VNF, seulement 5 % d'étrangers ont navigué cette année sur le canal latéral à la Garonne, et 20 % sur le Canal du Midi.
« Les péniches-hôtels ou les bateaux de petite location sont surtout loués par une clientèle étrangère,confirme Alexis Palmier, le responsable du service développement à VNF Sud-Ouest, qui gère les canaux entre Bordeaux et Marseillan dans l'Hérault, notamment le Canal des Deux-Mers constitué du Canal latéral à la Garonne et du Canal du Midi.Il y a eu beaucoup de reports sur 2021 ou 2022, et les trésoreries sont fortement impactées. Et ce sera difficile de faire revenir les clients. »
Parmi ces opérateurs du tourisme touchés directement par la crise sanitaire, figurent les péniches-hôtels, les bateaux-passagers (qui se louent pour un ou deux jours), les paquebots de croisière sur la Garonne, mais aussi les gestionnaires de port (plus de 20 anneaux) publics ou privés (40 à 60 port-haltes), les bases fluviales, les activités hébergées dans les maisons éclusières, ou encore les offices de tourisme.
« Une petite base de location de péniches a fermé sur le Canal du Midi, au Somail (dans l'Aude, NDLR) et on observe des stratégies de préservation de la part des groupes, avec optimisation des bases qui sont mises en stand -by ou fermées provisoirement »,précise Alexis Palmier.