"L'Etat, associé aux Régions, peut beaucoup pour l'industrie"
Propos recueillis par Fabien Piliu
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La Tribune - La direction PSA vient d'annoncer la fermeture de son site d'Aulnay sous Bois, entraînant la suppression de 8.000 postes. Etes vous surpris ?
Jean-Claude Volot - Malheureusement non. En privilégiant l'Hexagone pour construire ses véhicules, PSA était en quelque sorte un constructeur vertueux jusqu'ici. Mais la vertu ne paie pas. Ou plutôt ne paie plus dans une économie mondialisée. Un constructeur qui a des ambitions mondiales ne peut pas construire toutes ses voitures dans son pays d'origine. Les choses sont ainsi faites. Peut être, le site d'Aulnay aurait il pu être utilisé autrement, pour produire un véhicule du futur par exemple. Ceci étant dit, je redoute une série de catastrophes de ce type dans les deux trois années qui viennent, notamment dans le secteur des transports. Certains industriels français ont tardé à voir la cruelle réalité des enjeux et des conséquences de la mondialisation.
Comment en est-on arrivé là ?
L'industrie française et ses salariés paient de longues années de déshérence, d'égoïsme exacerbé entre les grands et les petits, d'absence de dialogue entre les pouvoirs publics, l'argent et les entreprises. Comment expliquez vous qu'une filière parfaitement organisée comme l'aéronautique, même si les discussions entre ses acteurs sont parfois un peu vives, peine à assurer les commandes qu'elle enregistre alors que la filière automobile voit ses usines disparaître ? On ne fait que payer les erreurs, les incompréhensions passées, les stratégies de court terme.
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Vous citez l'aéronautique en exemple, mais comment cette filière fait-elle pour afficher d'aussi bons résultats ?
Ses acteurs dialoguent en permanence en ayant en tête trois horizons différents. A court terme, l'objectif est d'assurer un maximum de visibilité en production à tous les acteurs. Un exemple récent : le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS) a pris un accord avec la Fédération française bancaire portant sur le soutien au financement de la filière aéronautique française . Celui-ci préconise l'allongement à six mois glissants de la période des commandes fermes à tous les niveaux de la filière. A moyen terme, c'est-à-dire à dix ans, la filière réfléchit aux évolutions des modes de consommation des voyageurs par exemple. A long terme, c'est sur l'avion et les moteurs du futur que les entreprises planchent déjà. Les acteurs de l'automobile ne travaillent pas ainsi...
Propos recueillis par Fabien Piliu