La reconquête industrielle lancée par Arnaud Montebourg

Dans une première étape, dite d'urgence, le ministre du Redressement productif va nommer 22 délégués régionaux au redressement productif, qui seront chargés de soutenir les entreprises en difficulté. Dans une seconde étape, Arnaud Montebourg présentera un "plan de reconquête industrielle" visant à "reconstruire le tissu productif" français.
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Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, est pour le moment un ministre très heureux. D'autant que le défi de la réindustrialisation est à la hauteur de son ambition. C'est dans le cadre d'une mesure d'urgence que le ministère du Redressement productif va nommer "dès cette semaine" des délégués dans chaque région, qui seront chargés d'être l'interlocuteur unique des entreprises en difficulté, a annoncé mercredi Arnaud Montebourg. Et selon lui, il y a urgence de venir en aide au "tissu productif". Car, a-t-il rappelé, "900 usines ont fermé en trois ans et 750.000 emplois ont été détruits". Actuellement, le niveau de défaillances des entreprises est à "un niveau plus haut que pendant la crise", a-t-il reconnu.

Face au ralentissement économique attendu en 2012, la Coface estime que "le nombre de défaillances d?entreprises devrait augmenter cette année. Avec l?hypothèse d?une croissance économique faible de l?ordre de 0,3 % pour l?année, Coface prévoit une hausse de 4 % des défaillances sur le total de l?année". Sur les quatre premiers mois de l?année, la baisse observée (- 1,75 %) du nombre de défaillances d?entreprises françaises cache une évolution préoccupante, selon la Coface : "on constate une progression significative du coût des défaillances (+ 12 %). Cette hausse s?explique par le fait que de plus en plus d?entreprises de grande taille sont en difficulté".

 Des hauts fonctionnaires

"Chaque région disposera d'un interlocuteur, d'un outil de veille, d'une vigie, d'un médiateur, d'un négociateur", a expliqué lors d'une conférence de presse le ministre, évoquant la création de "mini-CIRI (Comité interministériel de restructuration industrielle, ndlr) dans les régions". Le CIRI, à qui le ministre a rendu un bel hommage, se penche sur les dossiers d'entreprises confrontées à des menaces de fermeture pour essayer de trouver une voie de redressement avant d'en arriver aux tribunaux. Il a cité des exemples réussis comme Latécoère, Entremont et Madrange. Mais sa mission se limite aux entreprises de plus de 400 salariés. Or Arnaud Montebourg a rappelé que la France comptait 3,5 millions d'entreprises de moins de 400 salariés.

La nomination de ces délégués, proposés vendredi par les préfets, seront essentiellement des hauts fonctionnaires, "connaissant bien le terrain". Une circulaire doit être prochainement publiée pour définir le périmètre d'actions des futurs délégués. "Nous souhaitons que dans chaque région, il y ait un interlocuteur, qui sera le protecteur et le confident des entreprises, qui organisera autant que possible le soutien de l'Etat", a résumé le ministre, qui a critiqué le bilan des anciens commissaires à la réindustrialisation. "Ils ont disparu des écrans radars", a-t-il regretté, notant qu'il n'en restait plus que "six".

Un plan de reconquête industrielle dans les semaines à venir

Arnaud Montebourg a une nouvelle fois demandé aux chefs d'entreprises de "ne pas attendre" en cas de difficultés et "de nous saisir par avance, le plus tôt possible". Car, a-t-il rappelé, "75 % des entreprises" en redressement ne peuvent éviter la liquidation judiciaire. Ce qui permettra d'éviter le "shopping industriel (...) de prédateurs industriels et financiers" de certaines PME disposant de pépites technologiques, qui intéressent également certaines "puissances étrangères".

Arnaud Montebourg a rappelé qu'il présenterait "dans les semaines à venir" un "plan de reconquête industrielle" visant à "reconstruire le tissu productif", mis à mal ces dernières années, et "cela sera le sens du plan de reconquête industrielle que je présenterai dans les semaines à venir, après discussions avec le président de la République et le Premier ministre".

ArcelorMittal dans le collimateur

En attendant, le ministre du Redressement productif a indiqué qu'il débuterait fin juin une tournée dans les autres pays européens touchés par l'arrêt d'usines d'ArcelorMittal, comme c'est le cas à Florange, en Moselle. "Je vais engager une tournée européenne des pays détenteurs de sites ArcelorMittal. Je me rendrai le 5 juillet à Luxembourg, le 26 juin à Bruxelles pour rencontrer mes homologues et je crois qu'un voyage est prévu en Espagne également", a détaillé Arnaud Montebourg. Début juin, l'Elysée avait demandé, à l'issue d'une rencontre avec l'intersyndicale d'ArcelorMittal, au ministre du Redressement productif "de prendre contact" avec ses homologues européens "afin de conduire une action commune vis-à-vis du groupe ArcelorMittal".

"La fermeture des sites ArcelorMittal mérite une réponse stratégique au plan européen vis-à-vis d'un outil industriel aussi important qu'est l'acier", a affirmé Arnaud Montebourg, rappelant que la construction européenne avait "débuté par le charbon et l'acier". "L'acier alors que c'était un bien capitalisé au niveau européen, a été laissé entre les mains d'une entreprise transnationale dont les centres de décision sont très éloignées du territoire européen", a regretté le ministre. "Notre choix est (...), si cela nous est possible, de travailler à des solutions alternatives nous permettant de conserver des capacités industrielles", a-t-il ajouté. Faisant valoir une demande européenne insuffisante en acier, ArcelorMittal a mis plusieurs aciéries en veille depuis plusieurs mois, dont les deux hauts-fourneaux de Florange, répétant à l'envi, mais sans donner de garantie, que ces arrêts ne sont que temporaires, jusqu'à un redressement du marché.

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Commentaires 28
à écrit le 14/06/2012 à 15:08
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c'est des salariés capables d'accepter des salaires moindre tout en ayant plus de reste à vivre pour consommer ou investir dans les entreprises....bref, vous dinamisez directement tout un pays, et pouvez relacher les taxes sur le travail et les socié...

à écrit le 14/06/2012 à 15:06
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Mr Montebourg, faites chuter les prix immo en taxant très fortement les logements vides, en taxant ceux qui en font une rente, suppriment toutes les aides de l'état qui vont directement dans la poche des bailleur (apl) ou lobby immo (défisc)...ainsi,...

à écrit le 14/06/2012 à 11:31
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on va encore passer à coté des vraies problèmes!! il ne faut pas se cacher la face: qu'est ce qui fait que personne ne réindustrialisera la France??? -1 normes ICPE sur l'environnement: plus strictes et donc couteuses que nul par ailleurs dans le m...

à écrit le 14/06/2012 à 9:51
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La reconquete industrielle ne peut se faire qu'en financant des projets novateurs,de jeunes entrepreneurs,aider les pme et tpe via des dispositifs fiscaux,mais certainnement pas en depensant de l'argent sur 22 hauts fonctionnaires qui n'ont pour but ...

à écrit le 14/06/2012 à 9:34
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ses hauts fonctionnaires qui n'ont jamais mis les pieds dans une boite vont se rendre compte que les pme sont parmis les entreprises les moins rentables de la planete, avec ce que ca va impliquer derriere...

le 14/06/2012 à 10:12
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j'espère au moins que ces fonctionnaires seront payés au salaire minimum,vu leurs capacités.....

le 14/06/2012 à 10:33
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les PME ne beneficient pas de l'expertise fiscale des gands groupes pour payer moins de taxes. Donc faire survivre une PME quand on est en coucurence avec des entreprise qui payes 10 a 20% moins d'impot sur leurs resulats, ca releve du miracle. Si el...

le 14/06/2012 à 10:46
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Des entreprises favorisées fiscalement, d'autres menottées, c'est ce que l'on appelle : l'égalité républicaine...

à écrit le 14/06/2012 à 2:20
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Tout cela va dans le bons sens, il faut encourager cette démarche de restructuration nécessaire.

le 14/06/2012 à 11:34
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Hélas je crois que c'est ....trop tard !! et avec les projets du nouveau gouvernement ca ne va pas s'arranger !!!!

à écrit le 13/06/2012 à 22:55
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Il ne connaîa même pas les entreprises ...et ses 22 copains suremment pas non plus ... Ridicule ...

à écrit le 13/06/2012 à 22:02
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nommer des hauts fonctionnaires, quel manque d'imagination !!! Pas étonnant fInalement qu'on se désindustrialise !!! le rémède proposé révèle l'ampleur du mal qui nous ronge.

le 14/06/2012 à 7:18
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Va falloir agrandir les promos de l ENA ! Plus sérieusement les socialopathes nous donnent toujours la même réponse : on bloque ( ex prix de l essence si elle augmente et en même temps on bloque l exploration du pétrole dans le golf de guyanne ) et ...

à écrit le 13/06/2012 à 21:55
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Ah, c'est sûr que des hauts fonctionnaires au chevet des entreprises en difficulté, ça va tout changer! Pathétique... De qui se moque-t-on? Sont ils vraiment les mieux placés pour distiller de bons conseils? Ont-ils des leçons à donner en matière de ...

le 14/06/2012 à 0:23
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Oui c'est ça, baisse du cout du travail... Jusqu'à ou,la Roumanie ? La Chine ? Et l'innovation alors ? Ah oui mais faudrait investir, prendre des risques, pas le genre du capitalisme français finalement...

le 14/06/2012 à 10:07
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Vous croyez que la mission de ces hauts fonctionnaires sera de donner des conseils de gestion aux entrepreneurs ! Mais vous vous trompez complètement ou vous êtes d'une grande mauvaise foi.Ces hauts fonctionnaires vont aider les entrepreneurs à obten...

le 14/06/2012 à 10:08
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Baisse du coût du travail ne veut pas dire baisse des salaires! D'une, si vous baissez les retenues salariales, ça ne coûte pas un kopeck de plus à l'employeur et le salarié a plus en main, de deux, vous baissez les charges patronales, ça n'a aucune ...

le 14/06/2012 à 10:52
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Réponse à Lerner. "des aides et des subventions"il va y avoir des amateurs.Il faut souhaiter que ces hauts fonctionnaires connaissent le monde et le fonctionnement des entreprises.

le 14/06/2012 à 11:04
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si vous baissez les cotisations sociales il faut soit baisser les retraites & les autres prestations soit augmenter un autre impot. Si on veut se mettre au niveau de la roumanie (ouvrier =300 ?, inge < 1000), il va bien falloir baisser nettement les ...

le 14/06/2012 à 16:22
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encore un fan du patronat, qui veux des ouvriers instruits en bonne santé pouvant arriver au boulot de façon sure et en ne se faisant pas voler. et tout cela sans impôts et taxes, mais bien sur ;o) il faudra attendre Noël M SPip

à écrit le 13/06/2012 à 21:45
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On a nommé un haut commissaire avec une administration? Seulement, le président hollande, il a toujours pas sorti les pauvres de la rue. Depuis, Mitterrand, mis à part les corporations fonctionnaires, les pauvres ils y sont toujours à la rue? Le chôm...

à écrit le 13/06/2012 à 21:12
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Chaque fois qu'il y a un problème, ils commencent toujours par créer des structures (observatoire, commission, comité , délégués ) qui ne sont que des prétextes pour créer des jobs pour les déjà mieux lotis des français. des postes pour des mecs dip...

le 14/06/2012 à 7:53
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Des emplois bien rémunérés pour certains : exact.

le 14/06/2012 à 7:57
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Pour les TPE , Monsieur Montebourg enverra , comme sous le gouvernement Sarkozy , ses huissiers ... Les socialistes comme le précédent gouvernement n'aiment pas l'entreprise individuelle...

à écrit le 13/06/2012 à 21:08
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22 demandeurs d 'emploi en moins ?? ou un nime cumul des mandats des mêmes copains ( oh, pardon, camarades !!)

à écrit le 13/06/2012 à 20:50
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l'europe a commencé avec l'acier?? oui. Et la France a commencé avec les taxes sur le sel et les épices !! c'est peut-etre avec ça qu'on va relancer l'économie du 21e siècle ???!

à écrit le 13/06/2012 à 18:51
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Allez 22 hauts fonctionnaires a payer, on commence toujours par payer, mais avec les socialistes on voit jamais le profit retomber.Enfin ça va permettre de caser des copains,eh oui pas tous ministres tt de même

le 13/06/2012 à 20:06
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Faut bien caser les copains, c'est cela le role premier d'un politicien en France. Le reste il s'en fiche.

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