La solidarité a un coût
Robert Jules
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Jeudi débute à Bruxelles un conseil européen important. Son ordre du jour comporte comme plat de résistance une discussion sur les modalités de la dotation du budget européen pour la période 2014-2020. En novembre dernier, un conseil s'était achevé sur un désaccord à l'amiable puisque les leaders européens avaient renvoyé à des jours meilleurs un résultat, à charge pour le président du conseil, Herman Van Rompuy, de proposer un document de travail susceptible d'aboutir à un compromis. « Les jours meilleurs », c'est donc cette semaine. Et le moins que l'on puisse dire est que les positions sne se sont pas rapprochées, bien au contraire. Car entretemps, il y a eu le discours du Premier ministre britannique David Cameron, dans lequel il a clairement montré qu'il favorisait une approche plus réaliste, du type "coûts et avantages".
Payer le moins possible et obtenir le plus possible
En outre, cette démarche n'est peut-être pas totalement isolée. C'est peut-être même la seule qui prospère dans les négociations actuelles. La plupart des pays semblent arriver à la table des discussions avec cette seule idée en tête : payer le moins possible et obtenir le plus possible. Egoïste ? Sans doute. Mais en période de crise, l'heure est surtout à savoir qui doit porter le principal fardeau du sacrifice à faire, plus qu'à celle de la solidarité. Du reste, certains pays ne manqueront pas de souligner que, pour le moment, la structure techno-bureaucratique de Bruxelles a encore échappé au couperet de l'austérité, de même que les agriculteurs bénéficiant de la fameuse politique agricole commune (PAC).
Le conseil de ce mardi aura au moins un avantage, celui de montrer où en est réellement la solidarité au sein de l'Europe. Et sans doute découvrira-t-on qu'on est encore loin de ce fédéralisme qui dépasserait les intérêts nationaux rêvé par certains .
Une vie facile avec l'argent gagné par les autres
Ceci dit, il n'est pas encore certain que le fédéralisme parvienne à apaiser - ou en tout cas à canaliser - le combat pour les intérêts particuliers. Voyez l'Allemagne elle-même. Les Länder riches ne veulent pas payer pour les Länder pauvres. Ainsi, la Hesse et la Bavière vont déposer mardi une plainte auprès de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe au motif que la solidarité imposée par la loi fédérale reviendrait à ce que certains s'offrent une vie facile avec l'argent gagné par les autres. En Allemagne, trois Länder sont contributeurs nets, tandis que les 13 autres sont receveurs nets.
Robert Jules