A court d'argent, quatre sociétés de capital-investissement sur dix se trouvent en situation critique, en France. Afin d'attirer des capitaux étrangers pour diversifier ses sources de financement, le private equity français doit accroître sa rentabilité et, pour ce faire, se consolider.Oublié, le triomphalisme, voire l?arrogance, des années 2005 à 2007. Le capital-investissement français va mal. Au 1er janvier 2013, quatre sociétés de private equity sur dix ne disposaient plus - en moyenne - que de 9% de leurs fonds sous gestion, pour investir dans de nouvelles entreprises, selon l?Afic (Association française des investisseurs pour la croissance). Une situation jugée « critique » par le lobby du capital-investissement français.
Si les réserves de ce dernier s?épuisent, c?est parce qu?il peine à lever des capitaux auprès d?investisseurs institutionnels et particuliers, depuis trois ans. D?un montant de 12,7 milliards d?euros en 2008, les levées de fonds bouclées par les sociétés françaises de capital-investissement sont tombées à 6,5 milliards en 2011, puis à 1,7 milliard au premier semestre 2012.
Bâle III et Solvabilité II en cause
L?argument le plus communément avancé pour expliquer cette atrophie est celui des nouvelles réglementations prudentielles dites de Bâle III et de Solvabilité II. Ces normes obligeront respectivement les banques et les assureurs à détenir davantage de fonds propres face à leurs engagements dans le private equity, une classe d?actifs jugée risquée par les régulateurs des secteurs de la banque et de l?assurance. Les banquiers et les assureurs, traditionnels pourvoyeurs de fonds du capital-investissement français, ont pris les devants, et réduit leurs allocations au private equity, au cours des deux dernières années. Si bien que la banque et l?assurance ne pesaient plus que 20,5% dans les fonds levés par le capital-investissement français, au premier semestre 2012, soit deux fois moins qu?en 2008.
L?attractivité de la France en baisse
Le capital-investissement français doit donc relever un premier enjeu : celui de la diversification de ses sources de financement, notamment en prospectant les investisseurs institutionnels étrangers. Une tâche qui n?est guère aisée depuis le début de la crise de la zone euro. Et qui s?est encore compliquée avec le projet de loi de finances pour 2013, ce dernier alourdissant la taxation des plus-values de cession et plafonnant la déductibilité des intérêts d?emprunt, dans le cadre des LBO (Leverage Buy-Out : acquisition par endettement). « Nous sommes dans une période compliquée pour « vendre » la France à l?étranger », a déploré Bertrand Rambaud, président de la société de capital-investissement Siparex, lors d?une conférence de presse, le 12 février.