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La France perd sa couronne de numéro un européen des LBO

Christine Lejoux

Publié le 08 janvier 2013 à 14:55

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Les incertitudes fiscales ont contribué à la chute de plus de moitié du marché français des Leverage Buy-Out (acquisitions par endettement), en 2012, reléguant l'Hexagone au rang de numéro trois européen, derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne.

La France n'est plus la reine du LBO (Leverage Buy-Out : acquisition par endettement). Ces opérations de croissance externe, financées en jouant sur l'effet de levier de la dette, ont chuté de plus de moitié dans l'Hexagone, en 2012, à 6,2 milliards d'euros, selon une récente étude du CMBOR (Center for Management Buyout Research). Un montant qui ne représente plus que 12,5% du marché européen des LBO, contre 23,8% en 2011. Résultat, la France rétrograde de la première à la troisième place, derrière l'Allemagne, qui arrive en deuxième position, et le Royaume-Uni, numéro un avec une part de marché de 39%, contre 23% un an auparavant.

Le marché européen a plongé de 21%

Certes, le marché européen du LBO, dans son ensemble, n'est pas au beau fixe, avec un plongeon de 21%, à 49,5 milliards d'euros en 2012. Mais pourquoi la France a-t-elle fait pire encore? D'abord, comme dans les autres pays d'Europe, le manque de visibilité sur la conjoncture économique et les désaccords persistants entre acquéreurs et vendeurs sur la valorisation des sociétés freinent les opérations de croissance externe.
D'autant plus que les banques européennes, tenues par la réglementation Bâle III de renforcer leurs fonds propres à partir de 2013, se font moins prêteuses. Conséquence, la part de dette dans les LBO européens de plus de 100 millions d'euros a été ramenée de 44% du prix d'acquisition en 2011 à 38% l'an dernier. Une réduction qui diminue de facto la rentabilité des LBO, les fonds étant contraints d'investir davantage de capitaux propres pour financer leurs prises de participation.

Des incertitudes fiscales

Mais, en plus de ces écueils communs à bien d'autres pays d'Europe, le marché français du LBO a pâti d'incertitudes fiscales tout au long de l'année 2012. Dans sa guerre déclarée à «la finance sans visage», en début d'année dernière, François Hollande, qui n'était alors que le candidat socialiste à la présidence de la République, avait fait des LBO l'une de ses principales cibles. Notamment en projetant de supprimer la déductibilité des intérêts de la dette d'acquisition.
Ne sachant pas à quelle sauce fiscale ils allaient être mangés, bien des fonds de LBO avaient donc suspendu leurs opérations, en attendant le résultat des élections présidentielles, en mai, puis le projet de loi de Finances (PLF) pour 2013, présenté en septembre. Finalement, la déductibilité des intérêts d'emprunt ne disparaîtra pas, mais sera plafonnée, à 85% des charges financières nettes en 2012 et 2013, et à 75% à partir de 2014.

Un «regain de confiance» en 2013

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En revanche, le PLF 2013 a fait «tomber de l'armoire» le petit monde du LBO français, en décrétant que la fiscalité des plus-values de cession serait désormais alignée sur celle du travail, ce qui reviendrait à les imposer, non plus au taux de 19%, mais jusqu'à 64,5%. Dans le sillage de la fameuse révolte des «pigeons», le texte a été assoupli... pour les entrepreneurs mais pas pour les investisseurs. Christian Marriott, associé en charge des relations avec les banques au sein du fonds Equistone Partners Europe, n'en prévoit pas moins «un regain de confiance sur le marché français du LBO, en 2013». Il faut dire que les fonds de LBO seront bien obligés de recommencer à faire leur métier à un moment donné, c'est-à-dire de céder des participations et d'en acquérir de nouvelles, afin de faire fructifier l'argent de leurs actionnaires.

Christine Lejoux

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