Ne dites plus Institut français du pétrole, mais IFP Énergies nouvelles

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De plus en plus actif sur les thèmes environnementaux, l'organisme change de nom. Plus de la moitié des brevets déposés en 2009 ont concerné les nouvelles technologies de l'énergie.

L 'Institut français du pétrole vit ses derniers jours. Pour la première fois depuis sa création, en 1944, le vénérable organisme public, qui a irrigué de ses recherches les secteurs pétrolier et parapétrolier français, s'apprête à changer de nom. La promulgation prochaine de la loi Grenelle 2 formalisera cette évolution. L'institut prendra alors cette appellation, plus à la page : IFP Énergies nouvelles.

« Pour moi, les énergies nouvelles, ce sont l'ensemble des technologies qui, à côté des énergies fossiles et nucléaires, doivent être mises en oeuvre pour assurer la transition vers un système énergétique décarboné », souligne Olivier Appert, président de l'établissement. « Nous ne couvrirons pas tout, mais nous souhaitons poursuivre la diversification de l'IFP au profit des nouvelles énergies, tout en continuant à travailler sur les énergies fossiles, dont on aura toujours besoin dans les prochaines décennies. »

L'importance croissante des sujets liés à l'environnement dans les travaux de l'IFP se reflète dans les brevets qu'il dépose, dont les revenus assurent presque la moitié de ses quelque 300 millions d'euros de budget annuel. Sur les 182 brevets déposés en 2009, 98 ont obtenu le label NTE, pour nouvelles technologies de l'énergie. En 2008, la proportion n'était que de 40 %. En 2007, d'un tiers.

Dans les nouvelles technologies de l'énergie, l'IFP fait essentiellement porter ses efforts de recherche sur les axes suivants, retenus comme prioritaires : la diversification des sources de carburants, avec notamment les biocarburants, le captage et le stockage du CO2, ou les véhicules propres et économes. « Des véhicules hybrides et allégés peuvent permettre de réduire de 40 à 50 % la consommation », souligne Olivier Appert.

Nouvelles formations

Les quelque 1.150 chercheurs de cet organisme public continueront donc à travailler sur les disciplines qui constituent son ADN comme les géosciences, la chimie, la motorisation ou la catalyse. Mais avec des objectifs remis au goût du jour. « Les compétences sont très longues à développer. Mais changer de thématiques au sein de ces compétences est relativement rapide. Qu'on fasse de la récupération pétrolière ou du stockage de CO2, on est sur les mêmes compétences, de géosciences, de réservoirs, de modélisation. Aujourd'hui, les jeunes chercheurs veulent donner du sens à leurs travaux et sont motivés par les problématiques environnementales », souligne Sophie Jullian, directrice scientifique de l'IFP. Les formations dispensées par l'institut témoignent également de la popularité croissante de ces sujets. Son centre de formation, l'IFP School, propose ainsi un master d'économie du développement durable, de l'environnement et de l'énergie. Récemment, deux nouvelles chaires ont été créées, aux noms évocateurs : « thermodynamique pour les carburants issus de la biomasse » et « véhicules hybrides et contrôle de l'énergie ».

En dehors de ses brevets et de ses formations, l'IFP est également parfois un acteur sur les nouvelles technologies environnementales au travers des entreprises qu'il crée pour valoriser économiquement ses recherches (l'institut, avec ses « filiales », a réalisé en 2009 un chiffre d'affaires proche de 700 millions d'euros). Geogreen, spécialisé dans le conseil en captage de CO2, s'est par exemple récemment associé au sidérurgiste ArcelorMittal au sein du projet Ulcos II, qui porte sur le captage, le transport, et le stockage géologique du CO2 émis depuis le site de Florange.

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