Les entreprises font des propositions pour préserver la biodiversité

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Yves Rocher participe à la Conférence internationale sur la biodiversité de Nagoya qui s'ouvre ce lundi pour témoigner de ses expériences de terrain.

Quelque part au nord-ouest de Madagascar, les habitants disposent depuis peu d'un alambic pour y distiller le saro. Cette plante endémique de l'île est notamment utilisée par Yves Rocher. Mais, si l'entreprise française de cosmétiques, qui travaille à partir de 1.000 matières végétales différentes, a mis cet équipement au service de la population locale, c'est aussi pour lui permettre de commercialiser l'huile essentielle auprès d'autres clients. Elle a également effectué un transfert de savoir-faire, en partenariat avec une PME et une ONG malgaches.

« Il s'agit de conférer une valeur à une plante qui auparavant n'en avait pas », explique Élise Rebut, responsable de la communication scientifique d'Yves Rocher. Et donc d'inciter la population locale à mieux la préserver.

C'est pour échanger sur ce type d'opérations que la société sera présente aux côtés d'autres entreprises à Nagoya (Japon), où se tient du 18 au 29 octobre, sous l'égide de l'ONU, la dixième conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique (CDB).

Instaurée lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992, la CDB vise la conservation et l'utilisation durable des composantes de la diversité biologique, ainsi qu'un partage juste et équitable des avantages provenant de leur utilisation. Notamment entre les pays du Nord, qui transforment ces ressources à leur profit, et ceux du Sud (communautés locales ou gouvernements) qui doivent, eux aussi, trouver un plus grand avantage à préserver la biodiversité qu'à la détruire.

Clarifier les règles du jeu

Mais, depuis 1992, les choses n'ont guère avancé. Alors que la conférence de 2002 s'était fixé l'objectif d'endiguer l'érosion de la biodiversité à l'horizon 2010, la situation se dégrade au contraire continuellement. 193 États ont rallié la CDB, mais seuls 30 d'entre eux l'ont transposée dans leur droit national. Or, de « patrimoine commun de l'humanité », la biodiversité est passée au rang de « préoccupation commune » et, dans le même temps, de « patrimoine souverain des États. » Il revient désormais à ces derniers d'assurer la conservation et de faciliter l'accès à la biodiversité sous réserve d'une utilisation durable.

En outre, la CDB reste imprécise jusque dans son objet même. Sont visées en théorie « les ressources génétiques », mais en pratique l'ensemble des ressources biologiques, porteuses ou non de l'ADN.

« Il faut surtout clarifier ce qu'est un partage juste et équitable », observe Élise Rebut. Pas seulement de l'argent, mais aussi une aide au développement local ou directement à la conservation. À ce jour, les règles du jeu de ce mécanisme restent mal définies. Pour Élise Rebut, ce sont des retours d'expériences de terrain comme celles d'Yves Rocher qui doivent servir de fondement à la définition d'un régime international, attendue lors de la conférence de Nagoya. D. P.

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