Les ceintures solaires se réveillent, l'Afrique du Sud veut 5 GW

A l'image du projet Blythe de 1 GW mené par l'allemand Solar Millenium, les centrales solaires à concentration se bousculent en Californie. En Afrique du Nord, le consortium DII (Desertec) étudie de son côté la possibilité de déployer une vingtaine de centrales de 5 GW chacune dans les prochaines décennies, alors que le Maroc vise une tranche de 2 GW en 2020. C'est désormais au tour de l'Afrique du Sud d'annoncer la couleur, avec l'ambition de se doter d'une puissance de feu solaire de 5 GW.

3 mn

(Crédits : ©Total / Abengoa Solar)

A l'image du projet Blythe de 1 GW mené par l'allemand Solar Millenium, les centrales solaires à concentration se bousculent en Californie. En Afrique du Nord, le consortium DII (Desertec) étudie de son côté la possibilité de déployer une vingtaine de centrales de 5 GW chacune dans les prochaines décennies, alors que le Maroc vise une tranche de 2 GW en 2020. C'est désormais au tour de l'Afrique du Sud d'annoncer la couleur, avec l'ambition de se doter d'une puissance de feu solaire de 5 GW.

Le 28 et 29 octobre dernier, dans la ville sud-africaine d'Upington, une conférence a réuni le gouvernement de Pretoria et plus de 400 investisseurs et industriels autour d'un vaste projet de parc solaire (thermodynamique et photovoltaïque) qui pourrait se situer dans la province aride du Cap-Nord. Le nord de cette province est voisin du désert de Kalahari. L'Afrique du Sud jouit d'une des plus importantes radiations solaires au monde (voir illustration).

Un projet ambitieux à 15,5 milliards

Au total, une puissance de 5.000 MW pourrait être installée à l'horizon 2020. Les premières estimations d'investissement total s'élève à 15,5 milliards d'euros (150 milliards de rands sud africains). Plusieurs acteurs, dont un groupe européen, auraient déjà fait des propositions d'investissement. Mais pour l'instant, aucune société n'a été sélectionnée officiellement.

Le français Soitec par exemple, et sa division Concentrix Solar spécialisée sur le photovoltaïque à concentration, espère développer une centrale de 50 MW dans la province voisine du Cap-Ouest, avec Johnson-Controls. Le projet de Pretoria pourrait aussi intéresser Areva Solar, et sa nouvelle filiale américaine Ausra, qui envisagerait une centrale de 100 MW dans le pays. L'énergéticien sud-africain Eskom vise, pour sa part, une centrale de 100 MW à Upington, dans le Cap-Nord.

Le projet n'en est qu'à ses balbutiements

L'approche de Pretoria semble pour l'instant très flexible, tant sur les technologies utilisées concernant une première tranche de 1 GW, que sur la taille des lots qui pourront être accordés (20, 50, 100, 250 MW...). Le gouvernement semble aussi se tourner vers des contrats de type production concessionnelle (IPP, Independant Power Producer). Le pays n'a pas encore clairement détaillé ses intentions précises pour mener à bien ce vaste plan solaire.

Les résultats d'une étude de pré-faisabilité ont été approuvés en mai dernier, suite à une collaboration initiée en octobre 2009 entre le département de l'énergie sud-africain et la Clinton Climate Initiative, la fondation de l'ancien président américain Bill Clinton. Une étude de faisabilité complète va désormais être menée et des démonstrateurs pourraient être installés.

L'Afrique du Sud ne veut pas laisser passer le train solaire

La région a été choisie pour sa forte radiation solaire, ses terrains plats et peu peuplés, les facilités de raccordement au réseau électrique, les disponibilités en eau grâce au fleuve Orange à proximité, et ses infrastructures d'accès (route et aéroport d?Upington).

A côté des installations de production d'énergie solaire, le pays est surtout ambitieux sur le plan industriel. "Je mets au défi mes collègues de la province du Cap-Nord de faire de la ville de Upington l'une des capitales mondiales du solaire", a lâché Peters Dipuo, le ministre de l'Energie.

Lors de son allocution, il a souligné que l'Afrique du Sud n'était pas montée dans le train de la révolution des technologies de l'information et des communications, comme l'ont fait Taïwan, la Corée du Sud, ou l'Inde. Cette fois, elle ne veut pas laisser partir le train solaire.

 

Green Business - le site de référence

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.