Le BTP français bien placé dans la compétition internationale

Construction, matériaux, gestion de l'énergie ou promotion immobilière, la filière tricolore propose une offre conforme aux exigences du Grenelle de l'Environnement.
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Le Grenelle de l'environnement a mis le bâtiment en première ligne de la bataille contre le changement climatique. Le secteur génère 40 % de la consommation d'énergie et 25 % des émissions de CO2 nationales. Les grands groupes français, de Lafarge à Vinci en passant par Saint-Gobain ou Schneider Electric, semblent bien positionnés dans cette bataille. « En Allemagne ou en Autriche, - pays qui ont pris en compte les nouvelles exigences du développement durable bien avant la France -, beaucoup d'entreprises du bâtiment ont déjà poussé loin la logique de la construction durable, comme en témoigne le label Passivhaus », constate l'architecte Françoise-Hélène Jourda, une spécialiste de la construction durable. « Dans certaines régions, il est d'usage depuis vingt ans d'utiliser le bois ou les matériaux renouvelables. Mais ce savoir-faire reste localisé et il n'est pas assorti d'une démarche centralisée comme en France. En donnant force de loi au Grenelle de l'environnement, l'ancien ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo a sans doute permis à l'Hexagone, non seulement de refaire son retard, mais même d'avoir désormais un coup d'avance. »

Relance des matériaux

Les trois majors français du BTP, Vinci, Bouygues et Eiffage, ont pris le développement durable à bras le corps. Eiffage inaugurera ainsi mardi prochain l'autoroute A65 Langon-Pau, qualifiée de « grenello-compatible ».

Les fabricants de matériaux, notamment le cimentier Lafarge et le verrier Saint-Gobain, multiplient les innovations en matière de construction durable, d'autant qu'ils y ont tout intérêt : la nécessité de construire ou de rendre les bâtiments moins dispendieux en énergie leur permet aussi de donner une nouvelle jeunesse à des produits utilisés de longue date, comme la laine de verre ou les doubles vitrages, qui assurent une meilleure isolation des bâtiments ; et d'en promouvoir de nouveaux, comme les bétons « verts ». (Lire ci-dessous)

Saint-Gobain, qui affirme avoir en portefeuille des projets pour « environ 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires », travaille, par exemple, sur des matériaux à changement de phase, capables de stocker le froid ou la chaleur. Le verrier se veut un acteur de référence dans l'habitat durable et compte réaliser 38 % de son chiffre d'affaires dans l'efficacité énergétique en 2015 (contre 32 % aujourd'hui). En parallèle, Saint-Gobain s'est ouvert un relais de croissance dans le solaire et table sur 2 milliards de chiffre d'affaires en 2015 (contre 300 millions en 2009) grâce à ses panneaux photovoltaïques pour les bâtiments et ses miroirs paraboliques.

De son côté, le président du directoire de Schneider Electric, Jean-Pascal Tricoire, entend faire de son groupe, spécialisé dans la gestion de l'énergie, un fer de lance des « smart » et « green » grids - les réseaux électriques « intelligents » et « verts ». « Longtemps, l'équation a été simple : il fallait délivrer l'électricité avec une sécurité maximale. Désormais, elle doit être aussi fiable et économe. Il faut rendre la génération, la transformation et la distribution d'énergie intelligentes pour éviter les pertes », avait-il expliqué le 18 février 2010 lors de la présentation des résultats du groupe pour l'exercice 2009. D'autant plus que « les pics de consommation correspondent au moment où l'électricité est la plus chère et la plus carbonée », avait-il martelé.

Nouveaux champs

Schneider Electric s'ouvre ainsi un vaste champ qui couvre aussi bien les producteurs d'énergie (par exemple, pour convertir l'énergie solaire), les entreprises (pour optimiser la consommation des bâtiments tertiaires ou celle des traitements informatiques) et les particuliers (grâce à la domotique). Le groupe table aussi sur les infrastructures de recharge des futurs véhicules électriques, qui apparaîtront sur le marché en 2011.

Pour tous ces acteurs, l'économie verte est un moyen de sortir de la crise par le haut. L'efficacité énergétique et les énergies renouvelables constitueront des vecteurs de croissance importants en France comme à l'étranger. Et créateurs d'emplois, si l'on en juge par le déficit actuel de main d'oeuvre compétente sur ces nouvelles technologies.

De leur côté, les promoteurs immobiliers, Nexity, Bouygues Immobilier et Kaufman & Broad, mais aussi leurs confrères moins connus, jouent à l'unanimité le jeu du Grenelle et déposent désormais des permis de construire correspondant à « 90 % », selon la Fédération des promoteurs immobiliers, à des bâtiments basse consommation. Une corde de plus à l'arc de Nexity et Bouygues Immobilier, présents dans plusieurs pays d'Europe, hors de l'Hexagone.

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