Désillusion française sur le solaire marocain

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Ils étaient de nombreux groupes français à avoir répondu à l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé par le Maroc en mars 2010 pour le méga-projet solaire de 500 MW près de Ouarzazate.

Puis fin 2010, avec une quinzaine d'autres regroupements, 5 consortiums composés de français avait été sélectionnés dans l'avant-dernière ligne droite de la sélection pour construire la première tranche de cette centrale. Malheureusement, aucun français ne participera à l'appel à concurrence qui doit être lancé fin janvier, après quelques mois de retard.

L?Espagne, futur reine solaire de Ouarzazate ?
Au terme de la dernière sélection réalisée par Masen, l'Agence marocaine pour l?énergie solaire, seulement 4 consortiums seront mis en concurrence pour la réalisation d'une première tranche de 125 MW minimum de solaire thermique, avec des capteurs cylindro-paraboliques.
Parmi les sociétés retenues dans chaque consortium, l'Espagne sort grand vainqueur avec son champion Abengoa), à côté de l'Allemagne (avec le leader mondial du solaire thermique Solar Millennium) et l'Italie (avec Enel).
Le Japon, la péninsule arabique et l'Egypte sont aussi représentés. A noter qu'aucun groupe marocain n'a été retenu pour cette première phase du projet, qui doit entrer en service fin 2013, début 2014.
Les 4 consortiums en course :
1 - Deux filiales de l'espagnol Abengoa (Abeinsa Ingeniería y Construcción Industrial et Abengoa Solar), le japonais Mitsui, et Abu Dhabi National Exhibitions Company d'Abou Dhabi.
2 - L'italien Enel et le groupe espagnol de BTP ACS Actividades de construccion y servicios et sa filiale ACS SCE.
3 - Le groupe saoudien International Company for Water and Power (ACWA Power International) et les espagnols Aries Ingeniería y Sistemas et TSK Electrónica y Electricidad (TSK Grupo)
4 - Le groupe égyptien Orascom Construction Industries, et les allemands Solar Millenium et Evonik Steag

La France a calé en route...
Le projet de Ouarzazate avait été accueilli avec un enthousiasme planétaire, avec près de 200 réponses à l'appel de Masen au premier semestre 2010. "La France est dans le top 3 des pays intéressés", nous expliquait Obaïd Amrane, le représentant de Masen de passage à Paris en septembre dernier.
Suite à cette première démarche, le Maroc avait incité les acteurs à se réunir sous forme de consortiums entre des développeurs, des fournisseurs, des financiers et des exploitants, pour favoriser des offres globales, clés en main. En octobre, 18 consortiums avaient ainsi été choisis par Masen, auxquels s'est rajouté un 19e candidat, constitué notamment par l'américain Lockheed Martin.
Parmi les français dans la course à ce stade se trouvaient de grands groupes industriels et des PME spécialisées, adossés le plus souvent à des partenaires internationaux. Citons dans le désordre : Vinci, Solar Euromed, Entrepose Contracting, Eiffage, la CNIM, Alstom, la CDC, GDF Suez, ou encore Veolia...

...mais tout n'est pas perdu
Après cette première phase du projet, d'autres tranches seront lancées dès cette année et avant fin 2012, dont au moins une dédiée aux technologies photovoltaïques et une autre aux technologies de tours solaires. La capacité globale du site de Ouarzazate doit atteindre 500 MW en 2015.
Au delà, le Maroc, qui veut déployer 2.000 MW de solaire minimum à l'horizon 2020, a planifié d'autres projets à Ain Beni Mathar, Foum Al Ouad, Boujdour et Sebkhat Tah.

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