2011, une année charnière pour l'Institut national de l'énergie solaire

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Alors que la concertation entre les pouvoirs publics et les acteurs de la filière solaire avance dans un climat tendu, l'Institut national de l'énergie solaire (Ines), en partenariat avec le pôle de compétitivité Tenerrdis, s'apprête à apporter sa contribution au débat. Il publiera dans les prochains jours une analyse sur la filière solaire silicium, dont l'objectif est de montrer les atouts majeurs de la France dans ce secteur.

Un moyen pour l'institut d'affirmer son rôle de chef de file du solaire moins de cinq ans après sa création. « L'Ines est devenu adulte », résume Vincent Jacques le Seigneur, son secrétaire général. Et il ne veut pas s'arrêter en si bon chemin ! En développant une vision globale du marché, des matériaux jusqu'aux systèmes, de la technologie jusqu'à ses applications, l'institut veut développer un réseau de compétences fort autour se sa plate-forme.

Vers plus d'autonomie ?
2011 pourrait bien voir l'Ines s'émanciper. Fédération de laboratoires de recherche, notamment du CEA et dans une moindre mesure de l'Université de Savoie, l'Ines réfléchit à une structure juridique lui donnant plus d'autonomie. "L'idée est d'avoir un outil de gouvernance et une organisation propres, afin d'avoir plus de liberté de mouvement avec les entreprises, l'Etat, le monde de la recherche et celui de la formation," explique Vincent Jacques le Seigneur.
L'Ines espère aussi pouvoir se doter de marges de manoeuvre supplémentaires avec un budget spécifique, par exemple. Aujourd'hui, 70 % de ses dépenses se font dans le cadre de contrats de recherche avec des industriels, et ses frais de fonctionnement sont pris en charge par ses partenaires (CEA, Université de Savoie...).

Une vision transversale
Situé sur le site de Savoie Technolac, près de Chambéry (Savoie), doté d'une plate-forme de recherche et de formation, l'Ines est positionné sur plusieurs générations photovoltaïques (silicium cristallin, couches-minces, solaire organique) et sur le solaire thermique. Sa vision est transversale, des matériaux jusqu'aux systèmes, et de la technologie jusqu'à ses applications.
"Nous avons en France des atouts majeurs entre les mains", estime Vincent Jacques le Seigneur, pour qui c'est une erreur de perception de croire que le solaire se limite à la production de cellules et de modules. A côté des expérimentations sur les composants et les systèmes, l'Ines a ainsi ouvert son champ d'application solaire aux marchés de l'habitat et du transport. Il mène des recherches sur le stockage d'énergie, l'intégration avec le bâtiment et les interactions avec la mobilité électrique.

Ambition mondiale...
"Nous nous situons parmi les trois premiers centres de R&D européens, et nous avons l'ambition de devenir d'ici à 2015 l'un des trois organismes mondiaux de référence sur le solaire", lance Vincent Jacques le Seigneur. Il compte marcher sur les traces de l'allemand Fraunhofer Institute of Solar Energy ISE (la référence européenne historique) et de la NREL, son homologue américain.
L'Ines veut conforter durablement son statut de passerelle technologique entre la recherche et les entreprises, et renforcer son écosystème. Constitué de 220 personnes, il vise un effectif de 500 collaborateurs à l'horizon 2013.

...et développement d'un réseau français
Pour consolider son rôle de "hub solaire français", l'Ines a créé le mois dernier un Club des industriels afin de fédérer autour de lui un réseau d'entreprises de toutes les tailles. Les objectifs sont multiples : accompagnement promotionnel, visibilité internationale, actions communes, échanges... Et l'Ines entretient d'étroites relations avec le pôle de compétitivité Tenerrdis, qui fédère 120 acteurs de la filière solaire.
Aujourd'hui, une centaines de sociétés gravitent autour de l'Institut. Les coopérations peuvent prendre différentes formes, suivant la demande, les moyens et l'ambition de l'entreprise. La collaboration peut se matérialiser par le dépôt en commun d'un brevet, ou prendre la forme d'un contrat commercial ou d'une prestation de service. L'Ines ne lance pas de programme de recherche lourd s'il n'est pas accompagné par une entreprise.

Multiplication des partenariats
Sur le site du CEA à Cadarache (Bouches-du-Rhône), il s'est associé avec le développeur suisse Suntainable pour mener des expérimentations sur une centrale solaire au sol de 8 MW. Sur les programmes lourds, l'Ines fait partie du projet Solar Nano Crystal, avec ses partenaires de PV Alliance (Photowatt International, EDF Energies Nouvelles Réparties, CEA Valorisation), Emix, Photosil et Apollon Solar. Il est également engagé dans PV20, avec MPO Energy, Emix, Semco, Tenesol. Et travaille avec Armor sur le programme Oscar visant à produire des cellules organiques.
Il développe aussi des recherches avec le sud-coréen Jusung, sur les cellules à hétérojonction à haut rendement, et est engagé avec l'espagnol FerroAtlantica (purification du silicium - filiale Ferropem en France), ECM Technologies (fabrication et fours de cristallisation), Vésuvius (fabrication de creuset pour le photovoltaïque). Plus en marge du solaire, il collabore avec le japonais Toyota sur la mobilité électrique et la recharge photovoltaïque.
Dernier exemple, l'Ines et la start-up Apollon Solar (encapsulation de cellules) ont développé le procédé Nice (New Industrial Cell Encapsulation - voir illustration), fabriqué ensuite par Vincent Industrie, un équipementier lyonnais. Ce procédé de production de modules, où les cellules sont assemblées sous vide, fait l'économie de la soudure des circuits. Deux lignes d'encapsulation de 20 MW inspirées de la technologie Nice ont été vendues récemment, l'une pour la Tunisie et l'autre en France, qui devraient être mise en service au deuxième trimestre 2011.

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