Eolien offshore : EDF EN et Alstom, nouveaux alliés ambitieux

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Alstom et EDF Energies Nouvelles (EDF EN) n'ont pas attendu l'annonce officielle du gouvernement pour se positionner sur l'éolien offshore : les deux groupes viennent de signer un contrat d'exclusivité pour répondre conjointement à l'appel à projets qui devrait être lancé avant la fin du mois de janvier.

Alstom estime que cet accord lui permettra de devenir un chef de file industriel de l?éolien offshore en France et l?un des leaders sur le marché mondial.

Des usines en France ?
Alstom fournira en exclusivité les éoliennes offshore de 6 MW qu?il est en train de développer à EDF EN et ses partenaires pour équiper leurs futurs parcs éoliens en mer. Alstom envisage de créer en France plusieurs usines pour la production et l?assemblage de composants et vise également à fédérer d?autres acteurs français de la filière sur la R&D des équipements et l?ingénierie de la construction.
La turbine de 6 MW, dont le pilote en cours de construction sera installé d?ici à la fin de l?année, devrait être commercialisée en 2013. Alstom avait indiqué il y a quelques mois l?ouverture d?un site dédié à sa production en Europe mais le groupe n?a toujours pas arrêté son choix. « L?installation d?une usine dépend du marché qu?on pense avoir dans la zone », a précisé Denis Cochet, directeur marketing et commercial d?Alstom Power, à GreenUnivers. Les résultats de l?appel à projets seront donc un facteur décisif dans la création d?usines en France.

Montée en puissance d'Alstom dans l'éolien
Acteur encore modeste de l?éolien, Alstom a installé à ce jour 2.080 turbines dans le monde pour une puissance de 2.600 MW, soit 2% de la capacité mondiale. Ces principaux marchés sont l?Espagne, le Royaume-Uni et la France, mais il est aussi présent au Maroc et au Brésil, où il dispose d?une usine d?assemblage. La stratégie du groupe semble payer au vu des prises de commandes enregistrées dans le secteur des renouvelables : un peu plus d?un milliard d?euros sur les neuf premiers mois de l?exercice 2010/2011 (avril à décembre 2010), en hausse de 8% sur un an, dans un contexte de reprise générale des commandes avec 12,5 milliards d?euros sur la période, en augmentation de 10%.
Le groupe voit grand et compte se hisser parmi les leaders du secteur, en distinguant toutefois les marchés de l?éolien terrestre et offshore. « L?éolien terrestre s?est composé avec de petits investissements et des petits constructeurs même s?il a tendance à se rationnaliser. L?offshore représente une autre taille de marché, avec des machines plus complexes, des investissements plus importants et un nombre d?acteurs plus limité », analyse Denis Cochet.
Alstom estime que l?accord avec EDF EN lui permettra de devenir un chef de file industriel de l?éolien offshore en France et l?un des leaders sur le marché mondial. « Nous disposons d?une expérience dans l?éolien et d?une technologie offshore qui permettront de fournir une électricité à un coût compétitif. Alstom est prêt à développer, à partir de la France, une filière industrielle génératrice d?emplois et d?exportation », a indiqué dans un communiqué le vice-président senior d?Alstom Hydro & Wind, Philippe Cochet.

4 projets pour EDF EN
De son côté, EDF EN, filiale à 50% d?EDF, est présent dans l?éolien offshore notamment à travers deux projets : C Power, un parc éolien en mer de 325 MW en cours de réalisation en Belgique, dont 30 MW sont opérationnels, et le projet Teeside de 67 MW développé au Royaume-Uni, dont la construction démarre. Le groupe travaille sur 4 projets offshore en France, l?un dans la Manche, deux dans la Méditerranée pour environ 310 MW et un autre de 72 MW sur la côte Atlantique.
Ces 4 projets, développés par EDF EN et des partenaires regroupés au sein d?un consortium, entreront dans le cadre de l?association avec Alstom à condition qu?ils remplissent les conditions posées par l?appel d?offres, notamment sur l?emplacement géographique. Si l?un d?eux est retenu, Alstom en serait le constructeur exclusif, précise EDF EN. « Ce partenariat illustre notre volonté, quelle que soit la filière, de prendre part à l?émergence de nouvelles industries en France et d?inscrire notre position de leader de la production d?électricité renouvelable dans une logique industrielle de long terme », souligne Yvon André, directeur général délégué d?EDF EN, en charge des activités France.

L'appel d'offres toujours en attente
Malgré ses ambitions de disposer d'une capacité installée offshore de 6 GW en 2020, la France ne compte à l?heure actuelle aucun parc en exploitation, ni même en construction. Très en retard par rapport à ses voisins européens dans ce qui s?annonce un marché d?autant plus porteur que le pays possède 3.500 Km de côtes, le gouvernement n?a pourtant toujours pas lancé son appel d?offres, attendu initialement en septembre 2010.
Eric Besson, ministre délégué chargé de l?Energie a récemment annoncé que cet appel d?offres, portant sur une puissance cumulée de 2.000 à 3.000 MW, serait lancé avant la fin du mois de janvier "après arbitrage du Premier ministre."
En Europe, le marché décolle avec la construction en cours de 16 fermes en Belgique, en Allemagne, au Danemark et au Royaume-Uni, pour une puissance totale cumulée de près de 4 GW. Le parc éolien offshore européen représentait 2.4 GW de puissance installée au 30 juin 2010, selon l'association européenne de l'énergie éolienne, EWEA.

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a écrit le 22/01/2011 à 23:37 :
Rappels à propos du nucléaire et de l'éolien

Tôt ou tard, les besoins énergétiques des pays émergents propulseront le prix de l'uranium sur des sommets. Selon plusieurs projections, une pénurie mondiale d'uranium se produira dès 2015, la production d'uranium atteindra son maximum en 2025 avant de diminuer, entraînant la diminution de la production d'électricité nucléaire. Aucune autre technologie nucléaire ne sera disponible avant 2040. Le prix de l'uranium a déjà été multiplié par dix en quatre ans et le coût du combustible nucléaire prend une importance croissante dans le coût de l'électricité nucléaire.

Si le prix de l'uranium atteint 400$ la Lb (1 livre = 0,454 Kg) alors le prix de l'électricité issue des centrales nucléaires sera de 96 euros le MWH ... soit 2 fois plus cher que l'énergie éolienne.

Le prix de l'uranium n'est pas répercuté de façon immédiate dans le coût de production de l'électricité, car les contrats à long terme pour l'achat d'uranium varient en durée, clauses de révision et mode d'indexation des prix. Le cycle du combustible doit aussi être pris en compte avec un délai moyen de deux ans entre l'achat d'uranium et le chargement du combustible dans le réacteur.

La production mondiale d'uranium (42.000 tonnes) est insuffisante depuis une vingtaine d'années et une bonne part provient de pays peu sûrs (Exemple : Areva au Niger). L'utilisation de sources secondaires d'uranium (25.000 tonnes), provenant de stocks civils et militaires, permet de combler la différence avec la consommation des centrales nucléaires (67.000 tonnes). Ces stocks seront épuisés en 2015 et la production minière ne pourra augmenter de façon suffisante en huit ans pour correspondre à la demande de consommation

Avec cette pénurie d'uranium dès 2015 et une production mondiale d'uranium en déclin à partir de 2025, le prix de l'uranium ne pourra qu'augmenter de façon considérable.

Si elle est étalée dans le temps, cette augmentation très importante du coût de production de l'électricité nucléaire est cependant inévitable.

Le Centre d?Analyse Stratégique gouvernemental a remis au premier ministre un rapport sur les éoliennes incluant des comparaisons avec le nucléaire. Il reprend des éléments de l?Institut Montaigne? pour les démonter. Avec quelques affirmations qui sont notables dans une telle publication officielle.

En voici quelques éléments :

Émissions de CO2 :

"L?éolien émet 0,008 t CO2/MWh contre 0,05 t pour le nucléaire et 0,87t pour le charbon. Soit 6 fois moins de CO2 pour l?éolien contre le nucléaire et 100 fois
moins que le charbon".

Par contre, construire des éoliennes met la tonne de CO2 non produite plus chère que celle issue des économies d?énergie.

Intégration des éoliennes sur le réseau électrique :

"Il est officiellement confirmé que les éoliennes s?intègrent très bien dans le réseau électrique français malgré son intermittence. L?aléa de la production éolienne inquiète moins RTE que les pannes de centrales nucléaires...".

"Aujourd?hui on sait déjà mettre en réserve de l?énergie dans les barrages hydrauliques et par les centrales thermiques. Demain RTE le fera par les réseaux « intelligents » (smart grids). L?intermittence n?est donc plus un problème".

Construction d?éoliennes :

"Les constructions d?éoliennes se font surtout en 2008/2009 par de grosses entreprises surtout du fait de la frilosité des banques liée à la crise financière.
Cela fragilise les petits constructeurs qui ont du mal à avoir des crédits".

La France s?est fixé un objectif de 20 GW éolien en 2020,? déjà atteint en Espagne en 2010 qui fournit désormais ses excédents à la France comme à l'hiver 2010.

Selon ce rapport "Le nucléaire est un frein objectif à la volonté d?implanter des éoliennes" (sous-entendu l?éolien est trop fortement en concurrence avec le nucléaire pour que le premier soit mis en avant par les pouvoirs publics).

Electricité éolienne moins chère que celle du nucléaire :

RTE écrit : "Pour le même coût, on peut construire 5,2 GW d?éolienne contre 1,3 GW de centrale nucléaire. Donc avec un facteur de charge de 23 % pour l?éolien et de
75 % pour le nucléaire (62% en 2009 suite à l'arrêt de centrales), pour le même coût, on produit 1,2 GWh d?éolien pour 0,87 GWh de nucléaire". Le prix du kWh d?éolien est ainsi 40% moins cher que celui du
nucléaire.

Et pourtant, ce que ne dit pas l?étude, le retraitement des déchets nucléaires, le démantèlement, l?entretien et les frais de fonctionnement beaucoup plus chers
pour le nucléaire ne sont pas inclus.

Ce qui démontre que l?électricité produite par l?éolien est, y compris en France, moins chère que celle produite par le nucléaire.

Mieux, il est démontré qu?en cas d?augmentation « hautement probable » du coût des énergies fossiles, les éoliennes sont très rentables pour la collectivité.

Retard de la France :

L?industrie française est très en retard en éolien. Le personnel qualifié manque. Le rapport préconise entre autres un rattrapage, des procédures administratives
moins complexes. Le leader mondial est le Danemark. Son succès est lié à l?implication active de la population dans les projets d?énergie verte.

Un réseau Nord Europe (North Sea Grid) et Sud Europe s'installe comprenant tous les pays du Nord et du Sud. La France qui est pourtant entre ces 2 zones majeures
fait défaut pour l'instant. Sa filière n'est pas assez prête.

Pendant ce temps les pays d'Asie dont la Chine détiennent à l'heure actuelle déjà plus de 40% du marché mondial des énergies renouvelables et progressent de plus en plus (voir les programmes et les aides de la Chine, Inde, Corée, Taïwan etc).

Le pétrole lui continue de monter et a atteint son pic (selon la majorité des opérateurs et intervenants crédibles dont l'Aspo).

En conclusion : meilleur urbanisme, nouveaux et meilleurs types de constructions, meilleurs gestion des ressources et recyclages, meilleure rénovation des bâtiments anciens, plus grande utilisation de tous types de déchets dont épuration villes etc
= biogaz/chaleur/électricité/stockage/transport, très en retard en France malgré la ressource importante, implantations contrôlées de champs d'éoliennes (pas n'importe où) qui démontrent largement leur efficacité
dans le monde, développement d'une filière solaire PV et thermique (toitures professionnelles et particuliers bien sûr plutôt qu'au sol) et soutien dégressif (pour rappel toutes les énergies ont disposé d'aides, pour certaines colossales à leur départ et encore de nos jours, dont pétrole, gaz, nucléaire..., celles des
énergies renouvelables sont comparativement dérisoires, çà ne veut pas dire faire n'importe quoi en matière d'aides mais développer des filières avec retours sur
investissements), développement de la géothermie etc et de la R&D entre autres.



a écrit le 21/01/2011 à 17:20 :
les ambitieux vont se planter !!! car l'éolien est la technologie la plus stupide parmi les technologies dites renouvelables ...d'aujourd'hui et de demain .
Le vent est irrégulier ...on ne sais pas stocker l'électricité ...comment qu'on fait ....aucun gestionnaire ne peut accepter ça !!!! le vent a une trés faible densité d'où la nécessité d'avoir des machine disproportionnées ..ce qui en fait la technologie la plus polluante et meurtrière / au KWH rendu ...stupide .
Ils profitent des stupidités du gouvernement qui garanti des prix d'achat pour un technologie sans avenir !!! mais ça ne durera pas ....trés vite l'éolien sera dépassé et a long terme c'est un véritable gaspillage ces éoliennes .

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