La sidérurgie européenne avance sur son projet de capture et de stockage du CO2

Le projet Ulcos a été sélectionné par la France et peut désormais postuler à des subventions européennes.

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Ulcos vient de franchir une nouvelle étape. Ce projet de capture et de stockage de CO2, piloté par un consortium de 10 sidérurgistes emmené par ArcelorMittal, a été sélectionné par le gouvernement français, préalable nécessaire pour pouvoir postuler à des financements européens.

Fortement émettrice, l'industrie sidérurgique a réduit ses émissions de CO2 de 50 % en Europe depuis 1950. Mais « nous en sommes quasiment arrivés aux limites technologiques avec nos procédés actuels », souligne Hervé Bourrier, directeur général d'ArcelorMittal France. « Le projet Ulcos est un projet de rupture et représente une véritable opportunité de créer un avantage compétitif pour l?ensemble des acteurs de la sidérurgie européenne. »

Ulcos, acronyme d'Ultra-Low Carbon dioxide Steelmaking, doit être mis en oeuvre en Lorraine, à Florange. Unique projet de ce type dans la sidérurgie, il vise une réduction de moitié des émissions de CO2 du site. À Florange, le projet est bien accueilli. Il permettra de pérenniser le site, d'une part, mais entraîne aussi pour ses équipes une véritable fierté d'être associées à l'invention de la « sidérurgie de demain ».

Ulcos représente un investissement global de 585 millions d'euros. Les subventions européennes auxquelles peut prétendre le consortium, dans le cadre du fonds démonstrateurs européen appelé NER300, qui accompagne des démonstrateurs de captage et stockage du CO2 et d'énergies renouvelables innovantes, sont significatives. Elles pourraient en effet atteindre 263 millions d'euros. Le consortium espère une réponse de l'Europe au second semestre 2012, après l'examen du dossier par la Banque européenne d'investissement. Il peut également prétendre à 150 millions d'euros d'aides de la France et 30 millions d'euros de la Lorraine.

Pour être capturé, le CO2 doit d'abord être séparé des différents gaz de combustion issus des procédés sidérurgiques, puis comprimé et/ou refroidi. Le gaz carbonique serait ensuite injecté et stocké dans un aquifère salin, à plus de 1.000 mètres de profondeur, opération pour laquelle une demande de permis a été déposée l'an dernier auprès du ministère de l'environnement. Les partenaires d'Ulcos espèrent parvenir à stocker leur première tonne de CO2 fin 2015.

O. H.

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