L'Allemagne pense sortir du nucléaire en 2022, place aux EnR ?

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La chancelière Angela Merkel vient d'annoncer la fermeture des dix-sept réacteurs allemands d'ici à dix ans, ce qui risque de coûter 40 milliards d'euros, selon des documents internes de la CDU. Et selon la presse, même la France étudie un scénario de réduction de 5 % du courant atomique.

Question : les énergies renouvelables pourraient-elles remplacer aussi massivement le nucléaire ? Réponse : peut-être, grâce au solaire et à l'éolien, mais cela coûtera très cher. Les marchés y croient en tous cas: les valeurs du solaire et de l'éolien grimpaient en flèche, surtout en Allemagne.
En Allemagne, il va falloir trouver de quoi remplacer 21 GW de puissance nucléaire, soit une production de 133 012 GWh en 2010, correspondant à 27 % de la production d?électricité du pays. Si tout devait être remplacé par des énergies renouvelables, il faudrait environ 60 GW de parcs éoliens ou solaires, puisqu'une éolienne ou un panneau solaire ne fonctionne qu'un tiers du temps, contrairement à un réacteur nucléaire qui tourne jour et nuit.
Pour l'instant, l'Allemagne dispose de plus de 17 GW de solaire et 27,2 GW d?éolien.
Or elle devrait avoir installé 12 GW d'éolien offshore d'ici fin à 2017, grâce à de grands projets de parcs en mer du Nord, pour lesquels Angela Merkel a promis, début mai, 5 milliards d'euros.

Difficile de se passer complètement du charbon et du gaz
Elle devrait aussi voir l'installation de 6 GW de solaire supplémentaire cette année, car elle a peu réduit ses subventions, contrairement à la France. Et pour 2020, la fédération allemande du solaire, la BSW, estime que les capacités photovoltaïques allemandes totaliseront 52 à 70 GW, soit environ 50 GW de plus qu'actuellement.
Nous aurions donc bien 61 GW de plus, de quoi sur le papier remplacer le nucléaire. Mais cela aura coûté très cher : un parc éolien offshore ou un parc solaire coûtent environ 4 millions d'euros par MW installés, soit 4 milliards par GW. Il faudra aussi adapter le réseau électrique. Déjà Berlin prévoit un super-réseau pour ses parcs en mer, également à financer.
Mais ces énergies sont intermittentes. Il paraît donc difficile que l'Allemagne puisse se passer de centrales à charbon ou au gaz naturel supplémentaires pour lisser la production des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques. L'idéal serait de les équiper en systèmes de captage du CO2, mais qui sont là encore extraordinairement coûteux, la facture se chiffrant en milliards.
Lundi, les titres du solaire et de l'éolien s'envolaient un peu partout, et encore plus les groupes allemands - tous les fournisseurs d'un marché allemand des E,nR qui s'annonce colossal: le leader allemand des panneaux solaires Solarworld a monté de 8,8%, tout comme son compatriote Q-Cells (cellules silicium), le fabricant allemand d'éoliennes offshore REpower de 3,4%, mais aussi le chinois Suntech, n°1 mondial des panneaux PV, de 5,2%, son concurrent First Solar de 2,89%...

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a écrit le 02/06/2011 à 5:51 :
Cet article oublie de comparer les coûts des renouvelables par rapport au nucléaire.
- construction d'un EPR : 5 milliards (seulement 1,6GW)
- rustines pour prolonger le nucléaire : 600 millions par réacteur (source EDF)
- démantèlement : 100 millions par réacteur
Le nucléaire est très cher, plus cher que les renouvelables.
Réponse de le 02/06/2011 à 22:47 :
Bien vu ! Mais précision : le démantèlement est nettement plus cher : plus de 50 milliards d'euros estimé pour 17 réacteurs en Allemagne. Et il ne faut pas oublier le stockage pour plus de 100.000 ans. Voir Into Eternity (stockage 100.000 ans)
http://www.youtube.com/watch_popup?v=81wZs7la8dc

http://www.intoeternitythemovie.com/nuclear-facts-french/

Et aussi :

Tchernobyl

http://vert.courrierinternational.com/article/2011/04/21/tchernobyl-n-a-pas-termine-son-ouvrage

Réponse de le 07/06/2011 à 17:16 :
C'est absurde de parler en coût/puissance puisqu'il faut prendre en compte la durée de vie (60 ans pour l'EPR, 20 ans pour un panneau PV), la disponibilité (91% pour l'EPR, la journée pour le PV, quand il y a du vent pour l'éolien, soit 30% pour les 2 et souvent quand on n'en a pas besoin), le fait qu'il faut aussi construire des centrales à gaz (donc dépendance à la Russie) pour palier à ces problèmes d'intermittence, etc... Il faut aussi prendre en compte le fait que l'EPR Flamanville est une tête de série, donc chère. Quant au démantèlement, il est provisionné dans les comptes d'EDF quoique vous affirmiez. Enfin 400 à 600 millions par réacteur pour qu'il puisse continuer à fonctionner 20 ans en respectant les normes de sureté actuelles, c'est pas très cher, moins cher que de nouveaux moyens de production en tout cas (quelqu'ils soient).
a écrit le 01/06/2011 à 16:32 :
Le nucléaire coûte plus cher que les énergies renouvelables désormais dont les prix continuent de baisser. Sans parler d'un accident bien sûr : "Selon Kazumasa Iwata, le Président de la Japan Center for Economic Research, les coûts d'assainissements de la Centrale de Fukushima se monteraient à 250 milliards de dollars pour les 10 prochaines années à venir. Dans ce prix est compris les 54 milliards pour l'achat des terrains à 20 km autours de la Centrale, quelques 8 milliards pour indemniser les anciens habitants et de 9 à 200 milliards pour assainir les réacteurs. Le Gouvernement pourrait mettre jusqu'à 71 milliards de dollars sur la table."
a écrit le 01/06/2011 à 16:20 :
En Allemagne le passage à 100% d'énergies renouvelables ou proche d'ici 2050 est déjà précisémment chiffré par plusieurs institut dont le Fraunhofer (FhG), très en pointe sur les thèmes des énergies renouvelables, l?une des plus importantes institutions de recherche appliquée d'Allemagne et d'Europe. Elle fait partie, avec la société Max-Planck (MPG) et la communauté des centres Helmholtz, des principaux acteurs de la recherche extra-universitaire allemande. 2.000 scientifiques répartis dans 16 divisions thématiques autour des énergies renouvelables travaillent à l'heure actuelle au sein de l'organisme de recherche. L?investissement dans le développement des énergies renouvelables aura inévitablement une répercussion sur le prix de l?électricité. Celui-ci devrait augmenter dans un premier temps de 11,5 ct/kWh aujourd?hui jusqu?à 13,1 ct/kWh en 2015, pour ensuite descendre continuellement jusqu?à 7,6 ct/kWh en 2030 puis 6,3 ct/kWh à l?horizon 2050. Cela impliquerait, selon ces estimations, que le courant provenant de sources renouvelables deviendrait économiquement plus rentable que les sources fossiles dès 2025.

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