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ClimatL'actualité

L'Amérique du Nord a de quoi stocker 500 ans d'émissions de CO2

Dominique Pialot

Publié le 03 mai 2012 à 16:32 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 20:26

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Le projet de l'Allemagne de fermer ses centrales nucléaires pourrait faire augmenter ses émissions de dioxyde de carbone de 40 millions de tonnes par an, estiment des analystes. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski

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Un groupement de structures mexicaines, américaines et canadiennes vient de rendre public le premier atlas localisant et quantifiant les capacités de stockage de CO2 du contient nord-américain. Celles-ci seraient équivalentes à au moins 500 ans d'émissions. Mais le captage et stockage de CO2 (CCS) n'est pas encore validé sur le plan technique et encore moins rentable sur le plan économique.

Selon une étude rendue publique par le North American Carbon Atlas Partnership, qui regroupe notamment le département américain à l'énergie, un institut canadien et le ministère mexicain de l'énergie, le continent nord-américain dispose de suffisamment de gisements pétroliers et gaziers et autres veines de charbon épuisés, ainsi que d'aquifères salins en quantité pour stocker l'équivalent d'au moins 500 ans d'émissions de gaz à effet de serre (sur la base des émissions actuelles).

Ce premier « Atlas nord-américain du stockage de carbone » évalue entre 1800 et 20400 milliards de tonnes la capacité de stockage des seuls Etats-Unis, pour des émissions annuelles inférieures à 3 milliards de tonnes. Pour le Canada, la capacité de stockage serait de 48 à 320 milliards de tonnes, pour des émissions annuelles de 219 millions de tonnes. Quant au Mexique, dont les émissions s'élèvent à 205 millions de tonnes par an, il aurait de quoi en stocker 100 milliards.

Dans les états pétroliers, des populations moins réticentes au stockage de CO2

Les gisements de pétrole, gaz et charbon en bout de course sont les lieux de stockage les mieux adaptés. Les élus et même les communautés de ces états, habitués à ces industries, devraient faire preuve d'une meilleure tolérance face à une technologie qui suscite encore pas mal de craintes dans l'opinion publique. En effet, les risques de fuite et d'explosion, notamment, sont régulièrement pointés du doigt par ses détracteurs.

En outre, la technique dite « enhanced oil recovery » ou EOR, est déjà largement utilisée dans l'industrie pétrolière. Elle consiste à injecter du CO2 dans des gisements pétroliers dont les rendements commencent à chuter, afin d'en optimiser la production. D'après le département américain à l'énergie, elle concernerait 5 % de la production pétrolière des Etats-Unis.

Mais ces gisements ne constituent qu'une petite part des capacités de stockage identifiées par l'Atlas : 124 milliards de tonnes sur un total de 1800 à 20400 milliards aux Etats-Unis.

Passer d'un marché de niche à un marché de masse

Par ailleurs, plusieurs pilotes de captage et stockage de CO2 (CSC) existent d'ores et déjà sur le territoire nord-américain, notamment dans le Nord-Dakota, où trois millions de tonnes de CO2 sont captées chaque année en sortie d'une usine de gazéification du charbon puis transportées par pipeline. Mais au-delà des capacités de stockage à proprement parler, il s'agit de faire changer d'échelle le CSC, qui reste encore un marché de niche. Les défis sont aussi bien techniques qu'économiques.

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L'atlas identifie plus de 1800 sources d'émissions majeures aux Etats-Unis et près de 220 au Canada. Il s'agit essentiellement de centrales électriques, mais aussi d'installations gazières et pétrolières, de raffineries, de distilleries d'éthanol, de cimenteries, de producteurs d'engrais ou encore de hauts-fourneaux et d'aciéries. Le CO2 émis par les industries autres que la production d'énergie, plus concentré, est plus facile à capter. C'est pourquoi le plan de relance américain a choisi de soutenir des projets dont les émissions cumulées s'élèvent à 6,5 millions de tonnes par an. Au Canada, l'Etat et les provinces dédient trois milliards à des initiatives de captage et stockage de CO2 au travers de divers programmes.

Utiliser le CO2 dans d'autres industries

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Afin d'amortir les investissements importants, industriels et régulateurs se concentrent sur la valeur ajoutée que peut représenter le CO2 utilisé dans d'autres secteurs. Le sujet à la mode est désormais le « carbon capture, utilization and storage » (CCUS), autrement dit, captage, utilisation, et stockage de CO2. A court terme, cela concerne essentiellement les programmes d'EOR, qui d'après le département à l'énergie, pourraient accroître la production américaine de quelque 60 millions de barils, multipliant par trois les réserves prouvées. A plus long terme, des solutions similaires sont envisagées pour augmenter la production de gaz à partir de charbon. Mais d'autres pistes ont été évoquées par l'institut global de captage et stockage de CO2 (Global CCS Institute). En France, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a publié en 2010 un rapport sur les "Voies de valorisation du CO2."

Dominique Pialot

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