Randstad : « Le marché des emplois verts a fléchi de 17 % au premier semestre »

Fin septembre, à l’occasion de la conférence environnementale, le Groupe Randstad dévoilait les résultats inquiétants d’une enquête sur les emplois verts en France. Pour Cleantech Republic, Marie-Dominique Straforini - Directrice de marché environnement chez Randstad - analyse cette situation morose.
(Crédits : Envie 2E Nord)

Cleantech Republic : Votre étude démontre une baisse du marché des emplois dits  « verts » au premier semestre 2013.  Quelle est l'ampleur du phénomène ?

Marie-Dominique Straforini : La baisse est sensible. Le marché français des métiers de l'environnement a fléchi de 17 % au premier semestre 2013 par rapport au premier semestre 2012. Sur les 11 professions vertes et les 47 professions verdissantes ciblées par notre étude, le nombre d'emplois concerné est passé de 9 058 à 7 489. 

Est-ce que cette tendance à la baisse s'explique uniquement par le contexte global du marché du travail ?

Si on se concentre sur les emplois du premier niveau de qualification, ce recul est en effet d'abord lié à la baisse importante de l'activité industrielle. Prenons le secteur des déchets : la production diminue donc les besoins de collecte sont moins importants. Cette baisse d'activité n'encourage par le recours au travail temporaire.

Faites-vous le même diagnostic pour les cadres ?

La situation est un peu différente pour les niveaux supérieurs de qualification. Nous constatons que nos clients ont du mal à trouver les profils qui correspondent à leurs besoins. Et notamment pour des postes d'ingénieur HSE, de chef de projet énergétique ou de responsable prévention des risques. Pour ces métiers, les formations sont encore récentes donc les candidats manquent souvent d'expérience. Il y a néanmoins une véritable progression que nous ne décelions pas encore il y a quelques années.

Face à ces mauvais chiffres, quelles sont les raisons de rester optimiste ?

Oui. D'abord en raison de l'émergence de nouvelles filières porteuses d'emplois. La France est par exemple en retard sur la collecte et le recyclage des DEEE. Tous les acteurs de ce marché sont en train de construire des filières qui vont embaucher. Cela concernera aussi d'autres activités de valorisation comme le démantèlement des avions et voitures en fin de vie ou le recyclage des déchets hospitaliers. Le point important c'est que ces activités entreprises ne sont pas ou très peu délocalisables.

Reste à trouver des candidats…

Je crois que les personnes qualifiées qui travaillent sur ces filières apprécient leur travail. C'est un élément important car il y a toute une population de jeunes à orienter vers ces métiers. Dans la population intérimaire nous avons environ deux embauches sur 5. Nous menons cette étude pour la première fois. Pour nous c'est aussi l'occasion de mettre un coup de projecteur ces métiers.

Cleantech Republic

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