Londres donne un coup de pouce à l'énergie marine

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(Crédits : Marine Current Turbines Limited)
Six projets reçoivent ce mercredi une aide financière de 25 millions d'euros. L'objectif est de faire de la Grande-Bretagne le leader mondial de cette technologie.

La Grande-Bretagne veut devenir leader mondial de la production d'énergie marine. Cette technologie, qui produit de l'électricité à partir des vagues ou des marées, reçoit ce mercredi un nouveau soutien du Carbon Trust, un organisme public. Celui-ci apporte une aide de 22 millions de livres (25 millions d'euros) à six projets prometteurs, pour les aider à passer de la phase prototype à la commercialisation. Les entreprises qui en bénéficient sont essentiellement des consortiums britanniques (Atlantis Ressources, Pelamis Wave Power, Aquamarine Power, Marine Current Turbines), ainsi qu'une norvégienne (Hammerfest Strom) et une allemande (Voith). Le quart des projets d'énergie marine dans le monde est actuellement mené en Grande-Bretagne, et les autorités veulent conserver leur avance dans ce secteur.

L'énergie marine reste cependant balbutiante. Selon le Carbon Trust, elle accuse environ une décennie de retard par rapport à l'éolien en mer, pour lequel de nombreux projets commerciaux sont en développement. Néanmoins, le potentiel est important, particulièrement dans l'ouest de la Grande-Bretagne grâce aux vagues de l'Atlantique : « Nous pensons que cela peut fournir 20 % de l'électricité britannique en 2050 », souligne Steve Wyatt, qui dirige le projet au Carbon Trust.

difficulté financière

En attendant ce lointain objectif, les entreprises à la tête de projets pilotes rencontrent encore de nombreuses difficultés. La première étape purement technique est derrière elles : on sait produire de l'électricité à partir de vagues et de marées. Plusieurs techniques ont été testées avec succès, turbine sous-marine activée par les courants et les marées ou propulsant sous pression de l'eau ensuite transformée en électricité sur terre. En revanche, seuls quatre tests grandeur nature ont été effectués sur de longues périodes, à un coût encore trop élevé.

« La principale difficulté est financière : nos projets ne peuvent pas apporter un retour sur investissement en trois à cinq ans comme l'exigent les investisseurs », analyse Amaan Lafayette, directeur de l'énergie marine à E.ON, qui participe au projet Pelamis. Aquamarine Power, une entreprise créée en 2005, confirme : elle a déjà levé 25 millions de livres (28 millions d'euros), mais estime qu'il lui en faudra 30 supplémentaires avant d'offrir une alternative commerciale viable, d'ici à 2016 au mieux. Une échéance plutôt ambitieuse : le Carbon Trust, lui, se fixe comme objectif que des projets de commercialisation à grande échelle soient lancés en 2020.

Éric Albert, à Londres

marine current turbines limited

Le quart des projets d'énergie marine dans le monde est actuellement mené en Grande-Bretagne.

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