Les chantiers navals limitent leur impact sur l'environnement

Le programme « Ecorizon » de STX à Saint-Nazaire vise à réduire de 50 % la consommation d'énergie des grands navires d'ici cinq à dix ans.
(Crédits : dr)

MSC Croisières fait de la protection de l'environnement l'une de ses priorités, une préoccupation saluée par la note « Six Golden Pearls », la plus élevée attribuée par Bureau Veritas aux paquebots de croisières en matière de qualité, santé et environnement.

Ces enjeux sont en effet significatifs pour le croisiériste italo-suisse dont les immenses paquebots, d'une capacité de plusieurs milliers de personnes, s'apparentent à de véritables villes flottantes. Avec 3.500 personnes à bord dont 2.518 passagers, le « MSC Magnifica », dernier navire de la flotte livré fin février par le chantier naval STX France, développe des technologies de pointe dans le domaine.

Tous les déchets (aluminium, carton, papier, verre) sont triés à bord avant d'être soit réduits dans des compacteurs, soit brûlés dans des incinérateurs propres. Les 1.000 mètres cubes d'eau utilisés chaque jour (de l'eau de mer désalinisée) sont traités avant d'être rejetés en mer. Outre l'utilisation d'un carburant plus léger, c'est aussi la peinture de la coque, en optimisant le glissement dans l'eau, qui permet de réduire la consommation de fioul et les émissions de carbone.

Toutes ces technologies visant à rendre les bateaux propres sont le fruit des recherches engagées par le chantier naval de Saint-Nazaire depuis 2007 dans le cadre du programme « Ecorizon », qui mobilise dix ingénieurs et 65 % du budget R&D de STX France. « L'objet de cette démarche est de réduire au minimum l'impact environnemental des navires », explique Erick Pélerin, responsable du programme Ecorizon, « et ainsi permettre aux armateurs de se démarquer de la concurrence en anticipant les réglementations de plus en plus contraignantes aussi bien sur les émissions (oxydes d'azote, oxydes de soufre, CO2) que sur les effluents (rejets d'eaux usées et de ballast) ».

STX se donne cinq à dix ans pour réduire de 50 % la consommation énergétique de ses paquebots. Pour atteindre cet objectif, les chantiers jouent sur la diminution des besoins, le recours à des combustibles alternatifs et la production d'énergies à bord.

Parmi les solutions étudiées, une nouvelle génération de propulseur pompe-hélice qui assure un meilleur écoulement dans l'eau et permet de réduire de 17 % les besoins en carburants. En matière de carburant alternatif, les évolutions portent surtout sur la propulsion au gaz qui réduit de 20 % les émissions de CO2, de 80 % celles d'oxydes d'azote et à néant celles d'oxydes de souffre. « Les principaux freins sont la difficulté d'approvisionnement en gaz des navires dans les ports et l'absence de cadre réglementaire, notamment en France », assure l'ingénieur.

Enfin, la valorisation énergétique des déchets pourrait produire de 500 à 1.000 kilowatts d'électricité par jour et la récupération de l'énergie sur les gaz d'échappement et les circuits de refroidissement assurer environ 8 % des besoins énergétiques nécessaires au chauffage, à la buanderie, aux cuisines et aux piscines. n

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