OPINION. « La maintenance, condition sine qua non à la survie de l'industrie »
Kevin Pierre-Emile

Photo d'illustration
DR
Kevin Pierre-Emile

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Dans un environnement particulièrement instable pour les industriels français, impacté par le contexte géopolitique, la lenteur de la réindustrialisation et un besoin prégnant de retrouver notre souveraineté, la maintenance industrielle s'impose aujourd'hui comme une opportunité insoupçonnée de maintenir nos usines en France.
Pourquoi ? Parce qu'il est plus que jamais nécessaire pour les industriels de faire mieux avec l'existant en optimisant le fonctionnement de leur production, alors que des décisions d'investissements sont mises à mal par l'incertitude du contexte mondial et que de nombreux sites mettent la clé sous la porte. En 2024 on compte 119 fermetures de sites industriels pour 114 ouvertures, selon le Baromètre industriel de l'Etat publié en mars dernier. Dans ce cadre la maintenance s'impose comme un levier incontournable pour accroître la compétitivité de nos usines.
La maintenance c'est bien plus qu'un service après-vente. Prenons l'exemple d'une machine capable de traiter 25 000 colis par heure : en cas de panne, chaque heure d'immobilisation représente une perte sèche de 200 000 euros. La maintenance permet d'anticiper et d'éviter ces défaillances coûteuses. Dans le secteur automobile, la maintenance permet d'optimiser les processus de production, générant ainsi des économies de plusieurs millions d'euros à la fin de l'année. De plus, elle contribue à réduire de 30 % la consommation énergétique des usines, démontrant ainsi son rôle crucial dans la gestion durable et rentable des ressources industrielles. La maintenance n'est pas un centre de coût mais un centre de profit. De quoi faire réfléchir sur la nécessité d'en faire une priorité pour les industriels.
Par ailleurs la maintenance c'est l'avenir de l'industrie. Grâce à la combinaison de la maîtrise des datas, et des compétences des mainteneurs, nous savons désormais récupérer, analyser et interpréter les données pour améliorer la productivité des industriels, tous secteurs confondus.
A l'image de la renaissance du nucléaire, la filière de la maintenance qui a longtemps souffert d'une impopularité ou d'un manque d'intérêt, se révèle aujourd'hui comme étant un levier de compétitivité présentant le meilleur retour sur investissement du moment pour nos usines françaises. C'est ce que nous défendons au sein du Cluster France Maintenance Industrie's, qui rassemble 70 des plus grands industriels français.
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Pas d'industrie forte sans maintenance !
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(*) De formation d'ingénieur génie mécanique, Kevin Pierre-Emile entame sa carrière au sein de Fives Maintenance, filiale du groupe Fives, leader international de l'ingénierie industrielle. Il y reste de la création de la filiale en 2002 jusqu'en 2015, période durant laquelle il joue un rôle essentiel dans la croissance constante de la société, contribuant ainsi à hisser l'entreprise au rang des acteurs majeurs dans le monde de la maintenance industrielle française. Après un passage dans l'intralogistique et dans le métier de la construction, il revient en 2020 au sein de Fives Maintenance pour en prendre la direction en 2021.
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