OPINION. « Les services publics essentiels, l'invisible qui nous lie »
Charles-Antoine Gautier

Photo d'illustration
DR
Charles-Antoine Gautier

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Il est des évidences que l'on ne voit plus. Des présences si constantes qu'elles s'effacent dans le décor de notre quotidien. L'eau coule au robinet, la lumière s'allume, le froid ne se fait pas sentir, nos déchets disparaissent chaque matin, les objets sont connectés et le numérique nous relie au monde en un simple clic. Ces services publics essentiels n'occupent pas le devant de la scène, mais ils garantissent les principes de continuité, d'égalité de traitement, de neutralité et de mutabilité que soutient la FNCCR, Fédération nationale des collectivités concédantes et régies, dans son engagement depuis plus de 90 ans. Un engagement pour la solidarité territoriale, la péréquation, pour l'accompagnement des collectivités dans l'évolution de ces services publics, de l'électricité, du gaz, de la chaleur et du froid, de l'eau et de l'assainissement, du numérique, des déchets et de l'économie circulaire. C'est en effet lorsque ces services vacillent, que l'eau ne coule plus ou se trouble, que l'électricité, le chauffage s'interrompt, que le réseau ne capte plus ou que les rues débordent d'ordures, qu'ils se rappellent brutalement à nous. Crises, intempéries, conflits sociaux : autant d'éclats qui rappellent leur existence fondamentale et leur absolue nécessité. En effet, sans électricité, nous n'avons plus de gaz, d'eau et d'assainissement ni de communications électroniques.
Ces services publics essentiels sont au cœur de nos vies, avec ce patrimoine commun, opéré et entretenu par des hommes et des femmes compétents et impliqués, au sein de collectivités, d'entreprises, de métiers nouveaux à développer, qui travaillent pour que notre vie quotidienne soit plus aisée. Mais derrière ces réseaux, ces infrastructures de première nécessité, il y a un principe cardinal : celui d'une organisation pensée pour l'intérêt général, la solidarité territoriale entre l'urbain et le rural, qu'il faut aussi financer, organiser et adapter régulièrement aux nouveaux enjeux et usages.
La solidité de cette architecture et sa résilience dépendent d'un engagement : celui de la puissance publique. Car le service public s'inscrit dans la vie politique, l'aménagement du territoire et l'organisation de la cité.
C'est pourquoi, il faut se donner les moyens de maintenir, de développer, de moderniser et de sécuriser ses services essentiels sur l'ensemble de nos territoires, et pour tous, afin d'éviter les fractures sociales, électriques, numériques, d'accès à l'eau.
Ce sont ces choix d'aménagement du territoire, de respect de l'environnement, ces investissements publics ou privés, avec des modèles de gestion variés qui façonnent notre société.
Alors que les défis climatiques, technologiques et sociaux redessinent nos modes de vie, il est urgent de réaffirmer la nécessité de services publics forts, évolutifs et résilients, ancrés dans une organisation territoriale qui permette la mutualisation, l'optimisation et une certaine péréquation. Cela implique de penser et poursuivre les politiques publiques à l'échelle locale dans une période de transitions et d'adaptation au changement. Il ne suffit plus d'assurer la maintenance de l'existant, nous devons penser les infrastructures de demain, anticiper plutôt que de réparer après la crise, vers cette plus grande résilience souhaitée. Il s'agit de rendre davantage visibles nos services publics essentiels, d'en faire une priorité politique et citoyenne.
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(*) Charles-Antoine Gautier, directeur général de la FNCCR. Fédération nationale des collectivités concédantes et régies.
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