OPINION. « Téhéran entre le marteau du soulèvement et l'enclume de la guerre »
Hamid Enayat

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Les médias proches du pouvoir rapportent que le principal point de discorde dans le quatrième cycle des négociations nucléaires concerne l'enrichissement de l'uranium : les États-Unis exigent un arrêt complet, tandis que le régime iranien en fait une ligne rouge, refusant de fermer ses sites nucléaires de Natanz, Ispahan et Fordou. Téhéran a proposé la création d'un consortium régional, une initiative qui, jusqu'à présent, n'a reçu aucun écho positif de la part de Washington. À ce jour, aucun signe tangible de progrès n'a émergé des pourparlers.
Abdollah Ganji, figure médiatique proche des Gardiens de la Révolution, écrivait le 11 mai sur X qu'aucun changement d'approche américaine concernant les « droits nucléaires de l'Iran » n'était perceptible. Certains cercles proches du pouvoir s'inquiètent d'un retour à la case départ, voire d'une escalade des tensions. Les négociations à Mascate semblent ainsi avoir atteint une impasse, où tout avancée dépend d'un recul notable de l'une des parties — en particulier sur la question de l'enrichissement.
Dans le même temps, les pressions régionales, notamment d'Israël, pourraient ouvrir la voie à un accord intermédiaire, à condition qu'une volonté politique existe, tant à Téhéran qu'à Washington. Redoutant les conséquences d'une guerre, et par conséquent un soulèvement a l'intérieure, le régime iranien a dû se résoudre à retourner à la table des négociations, bien que Ali Khamenei les ait jadis ne qualifiées de « ni honorables, ni intelligentes ».
« Pour une période limitée, nous pouvons accepter une série de restrictions sur le niveau et le volume d'enrichissement », a déclaré Majid Takht-Ravanchi, le vice-ministre des Affaires étrangers cité par l'agence Tasnim. « Nous n'avons pas encore abordé les détails relatifs à ces paramètres », a-t-il précisé. Pour Téhéran, il s'agit là d'une stratégie pour préserver, autant que possible, ses installations sensibles.
Le 9 mai 2025, Fox News a publié un reportage exclusif révélant l'existence d'un nouveau site nucléaire secret au sud-est de Téhéran, baptisé « Ranginkaman » (Arc-en-ciel). Ce rapport, basé sur des documents fournis par le Conseil national de la Résistance Iranienne (CNRI), affirme que cette installation est dédiée à la production de tritium — un élément clé pour la fabrication d'armes thermonucléaires, allant bien au-delà de l'enrichissement classique.
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Quelques heures seulement après cette révélation, le régime a lancé une offensive médiatique. L'agence Tasnim, liée aux Gardiens de la Révolution, a qualifié cette annonce de « scénario recyclé » produit par des « agents de Netanyahou ». Nour News y a vu une tentative de torpillage des négociations secrètes entre l'Iran et les États-Unis. Mais la réaction la plus significative est venue d'Abbas Araghchi, diplomate nucléaire de haut rang, qui, à 2 heures du matin, a accusé le CNRI de « fabriquer des informations au service de puissances étrangères » — un aveu révélateur du désarroi du régime.
Abolghaseme Delphi, ancienne ambassadrice de France à Téhéran, a récemment déclaré que les relations entre l'Iran et l'Europe étaient « loin d'être satisfaisantes », en particulier depuis les accusations liées à la vente d'armes à la Russie. La détérioration est encore plus marquée avec la France, notamment en raison de la détention de ressortissants français en Iran. Elle ajoute : « La France nous en tient rigueur, même si nous aussi sommes mécontents de l'accueil réservé aux Moudjahidine du peuple. »
Téhéran espère ainsi impliquer davantage la troïka européenne dans les négociations, comme en 2015 avec l'accord de Vienne, pour semer la division au sein du bloc occidental et préserver ses capacités d'enrichissement.
Massoud Roghani Zanjani, ancien chef du budget national, rapporte une divergence majeure entre Rafsandjani et Khamenei : ce dernier considérait que le confort matériel éloigne le peuple de la religion. En d'autres termes, la pauvreté est perçue comme un levier de contrôle.
Aujourd'hui, la double crise de l'eau et de l'électricité menace d'embraser le pays. Alors que le régime vante les usages « pacifiques » du nucléaire, les Iraniens subissent de longues coupures d'électricité en plein été. Un rapport du Parlement évoque une hausse de 60 % du déséquilibre entre production et consommation en deux ans, avec un rendement énergétique inférieur à 40 %.
Côté eau, la situation est critique : les barrages de Téhéran sont remplis à seulement 13 %. Un haut responsable gouvernemental a averti qu'en l'absence de solutions rapides, des émeutes liées à la pénurie pourraient éclater avant l'été.
Le régime iranien est pris dans une impasse : s'il démantèle ses infrastructures d'enrichissement, il risque une implosion interne. S'il refuse, il s'expose à une confrontation militaire, suivie d'un soulèvement national.
Dans les deux cas, la répression ne suffira plus. La société iranienne est arrivée à un point de rupture.
Hamid Enayat