12 kilomètres de voies nouvelles au cœur de vifs débats. Alors que l'aménagement d'une voie ferroviaire supplémentaire au sud de Bordeaux faisait l'objet d'un consensus politique, le chantier est devenu sujet à controverse. Notamment depuis la demande de moratoire de parlementaires de tous bords exprimée en décembre dernier concernant l'infrastructure dont le coût tutoie le milliard d'euros. Avec cette question : y a-t-il vraiment un nœud ferroviaire au sud de Bordeaux ?
L'enquête publique qui s'ouvre le 15 juillet - en pleines vacances scolaires et avec un mois de retard en raison de la période de réserve électorale - doit permettre à SNCF Réseau, le maître d'ouvrage, d'éclaircir la question. Le projet va préparer le terrain à l'arrivée des lignes de Services express régionaux métropolitains (SERM) qui vont traverser l'agglomération bordelaise, à l'augmentation de l'offre TER planifiée par la Région et bien sûr aux futures LGV qui doivent relier Bordeaux à Toulouse et Dax. Le chantier prévoit ainsi l'aménagement d'une 3e voie - et même d'une 4e dans les haltes ferroviaires -, la suppression de passages à niveau et la construction de ponts et routes pour enjamber les voies nouvelles.
Les parlementaires n'ont pas été les seuls à mettre en doute l'intérêt de la manœuvre. Fin avril, l'Autorité environnementale a carrément qualifié de « non-conformité réglementaire » l'absence d'étude sur la nouvelle offre de transport et le report modal induits par la future infrastructure. Autrement dit, SNCF Réseau ne paraît pas capable, à date, de présenter les éléments justifiant l'intérêt de la voie nouvelle, dont l'utilité publique a été prononcée en 2015 puis prolongée de cinq ans en 2022. « Les nouvelles études de trafic vont être refaites de font en comble et seront présentées d'ici la fin de l'année ou début 2025 », annonce à La Tribune Christophe Huau, le directeur de l'agence du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest.