Avec plus de 20 millions d'euros de pertes cumulées depuis sa mise en service en 2016, le stade Matmut Atlantique n'a pas attendu la dégringolade des Girondins de Bordeaux pour se retrouver sérieusement dans le rouge. L'enceinte de 42.000 places, construite pour l'Euro 2016 dans le cadre d'un partenariat public-privé pour un coût total avoisinant les 310 millions d'euros, est propriété de Bordeaux Métropole. Mais c'est SBA, une co-entreprise entre les géants Vinci et Fayat, qui est chargée d'exploiter le stade jusqu'en 2045. Et SBA ne cesse de le repérer : elle perd de l'argent structurellement même si l'exercice 2023 signe enfin un timide retour à l'équilibre grâce à la Coupe du monde rugby et les demi-finales du Top 14.
Le problème c'est que la descente aux enfers de son club résident, les Girondins de Bordeaux, qui joue désormais en National 2 et n'a plus le statut professionnel, risque d'encore alourdir la facture. « Pour nous la situation est critique, existentielle même, car tout le modèle économique du stade, la nature de ses recettes, ses charges d'exploitation, etc. sont dimensionnés pour accueillir un club professionnel », fait valoir Loïc Duroselle, le président de SBA qui emploie 17 salariés. « La perte des Girondins au niveau Ligue 1 ou Ligue 2 entraîne la perte de valeur d'une partie importante de nos revenus, notamment les partenariats ou le naming [qui sera renégocié en 2025, NDLR]. En résumé, ce que l'on pouvait vendre précédemment ne vaut plus grand chose... » La mutuelle Matmut, engagée contractuellement jusqu'en juillet 2025 sur le naming autour de deux millions d'euros par an, juge ainsi « prématuré d'évoquer un éventuel nouveau contrat à partir d'août 2025 ».