« Ce stade est un succès puisque, sans lui, Bordeaux aurait été rayée de la carte des grandes tournées et grands évènements sportifs. Mais, même avec une très belle année, nous perdons deux millions d'euros par an... », expliquait très simplement à La Tribune Loïc Duroselle, le président de SBA, en janvier 2023. SBA, pour Stade Bordeaux Atlantique, est la co-entreprise de Vinci et Fayat chargée d'exploiter le stade Matmut Atlantique dans le cadre d'un partenariat public-privé de 2015 à 2045. Avec une nouvelle perte de deux millions d'euros enregistrée en 2022, le déficit d'exploitation cumulé de l'enceinte de 42.000 places dépasse désormais les 20,6 millions d'euros.
Si un déficit est logique lors des premières années d'exploitation de ce type d'infrastructure, la facture pour SBA est bien plus élevée qu'anticipé initialement. En effet, 20,6 millions d'euros de déficit c'est 13,8 millions de plus que le budget prévisionnel. Selon ce plan imaginé en 2015, le Matmut Atlantique devait enregistrer environ huit millions d'euros de pertes cumulées jusqu'en 2023 avant de passer dans le vert en 2024/2025 puis de devenir rentable. Un schéma depuis longtemps tombé aux oubliettes alors même que Bordeaux Métropole a déjà consenti un effort financier avec la diminution de ses recettes annexes pour prendre en compte l'impact de la crise sanitaire, sans quoi le déficit cumulé aurait été alourdi de plus de cinq millions d'euros.