Les Girondins de Bordeaux renoncent à leur statut pro, le stade Matmut face au pire scénario
Latribune.fr avec AFP

Déjà lourdement déficitaire, le stade Matmut Atlantique fait face au pire scénario possible.
SBA
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Déjà lourdement déficitaire, le stade Matmut Atlantique fait face au pire scénario possible.
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Un choix « nécessaire » selon la direction du FC Girondins de Bordeaux, une « décision soudaine autant que personnelle [...] aux conséquences funestes », selon Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux. Gérard Lopez, le propriétaire depuis 2021 des Girondins a annoncé l'abandon du statut professionnel obtenu en 1937 par le club six fois champion de France. La mécanique infernale se poursuit pour le club de football de Ligue 2 qui a été rétrogradé en championnat de National 1 et qui se trouve en cessation de paiement. Gérard Lopez a déposé le bilan mercredi au tribunal de commerce de Bordeaux qui se prononcera mardi 30 juillet sur une liquidation judiciaire directe du club ou sur l'ouverture d'un redressement judiciaire.
C'est cette deuxième option que les Girondins de Bordeaux cherchent à obtenir pour espérer se maintenir en National 1 puisqu'une liquidation les enverrait logiquement en division inférieure. Dans cette perspective de maintien, l'abandon du statut professionnel permet de faire table rase des contrats des joueurs professionnels en vigueur et ainsi d'alléger drastiquement les charges « afin d'entamer la restructuration nécessaire » et « de limiter les conséquences sportives de cette situation », affirme le FCGB.
La saison de National débutant le 16 août, le club qui faisait face à un trou de 40 millions d'euros dans son budget de Ligue 2, « a préféré renoncer à demander le maintien de son statut professionnel faute de quoi il aurait dû se présenter à nouveau devant la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) avec un budget ne correspondant pas à (s)a réalité à venir (...), ce qui aurait pu le conduire à des sanctions supplémentaires lourdes ». À savoir une nouvelle rétrogradation en National 2 voire en National 3.
Mais cela implique aussi l'abandon du club de formation des Girondins. Situé au Haillan, celui-ci est détenu par la Ville de Bordeaux qui le loue au Girondins pour un loyer réduit d'environ 90 % par rapport au marché. Se pose également la question de l'avenir des 90 salariés du club. « J'apprends avec consternation la décision soudaine autant que personnelle de Gérard Lopez. Elle confirme des choix de gestion hasardeux qui ont amené en trois saisons notre club qui évoluait dans l'élite de la L1 au niveau amateur », a cinglé Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux, dans une déclaration transmise à l'AFP.
D'autant que ce choix ne garantira pas aux Girondins le maintien en National 1. Le 30 juillet, le tribunal de commerce commencera par geler les dettes pour une première période d'observation de six mois puis, en fonction de la volonté et des arguments de Gérard Lopez et de la capacité du club à payer ses salaires et ses charges en National 1 ou en National 2, il décidera d'une liquidation judiciaire ou d'un redressement.
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Du côté du stade Matmut Atlantique, enceinte de 42.000 places construite pour l'Euro 2016 dans le cadre d'un partenariat public-privé, c'est le pire scénario envisageable qui se concrétise. Déjà très lourds pour un club de Ligue 2 et ses 21.600 supporters cette saison, les coûts de fonctionnement du stade semblent trop élevés pour un club amateur.
D'un coût complet de 310 millions d'euros jusqu'en 2045, le Matmut Atlantique est propriété de Bordeaux Métropole mais exploité par SBA, filiale des groupes de BTP Vinci et Fayat. Les revenus de SBA ne sont pas directement liés aux Girondins : le club résident paie son loyer à la Métropole, qui verse à son tour une redevance à SBA. En cas d'arrêt du loyer, ce montage contraint Bordeaux Métropole, donc le contribuable, à compenser la perte sèche. Sachant que SBA est déjà structurellement déficitaire depuis la mise en service du stade, avec des pertes cumulées qui dépassent les 21 millions d'euros, et que la renégociation du naming en 2025 devrait encore tirer les revenus à la baisse.
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« Les répercussions (de la rétrogradation) seront très importantes, peut-être même existentielles », a déjà prévenu Loïc Duroselle, président de SBA, dans le quotidien Sud Ouest le 23 juillet. Faut-il revoir le contrat, comme le réclame SBA pour éviter une possible faillite ? « On n'en est pas là. Ce contrat de PPP a été négocié il y a quelques années (...), et ces conditions ne semblent pas opérantes selon l'exploitant », répond Christine Bost. Mais une mise en faillite de SBA laisserait mécaniquement le stade et l'intégralité des prêts à rembourser à la charge de la Métropole et donc du contribuable bordelais.
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