Alors que Trenitalia fait circuler ses trains sur le Paris-Lyon et que la Renfe dessert Marseille et bientôt Toulouse depuis l'Espagne, la ligne à grande vitesse qui relie Paris et Bordeaux en 2h04 reste un monopole de la SNCF. Une situation qui peut sembler étonnante alors même que cet axe, qui comprend les 302 km de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, est opéré par l'entreprise privée Lisea et fait l'objet d'une très forte demande.
« Nous estimons qu'autour de deux millions de voyageurs restent à quai chaque année faute de pouvoir trouver un siège disponible sur l'axe Paris-Bordeaux, révèle à La Tribune Lionel Epely, le président de Lisea, une filiale de Vinci Concessions, de Meridiam et de la Caisse des dépôts. La SNCF a retrouvé son volume de sièges d'avant 2019, elle fait du mieux qu'elle peut compte tenu de ses contraintes mais ça ne suffit pas à répondre à la demande ». Et ce n'est pas à cause d'un embouteillage de trains sur ce tronçon qui relève du service librement organisé (SLO) sur lequel tout opérateur ferroviaire peut demander à s'installer.
Car si la SNCF a bien annoncé début octobre qu'elle allait muscler son offre sur le Paris-Bordeaux en 2026, il reste encore largement la place pour y accueillir d'autres opérateurs assure Lionel Epely : « Aujourd'hui, nous sommes à moins de 75 circulations de trains de voyageurs par jour sur le Tours-Bordeaux alors que nous avons une capacité de 196 circulations par jour. Cela permet d'y faire venir de nouveaux entrants proposant davantage de sièges, de fréquences et de services ! »