Entreprise : retour vers le futur
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Novembre 2015. À Rodez, l'usine de Bosh Rexroth de Vénissieux présente, devant 150 industriels français réunis par le groupe autour de l'usine connectée, les résultats de sa dernière expérimentation : l'utilisation de deux paires de Google Glass pour tester et évaluer des mesures et ainsi simplifier les processus de qualité. Si le retour d'expérience est validé, l'usage des lunettes sera étendu aux sites qui auront la même problématique que Vénissieux, et, dans un troisième temps, commercialisé aux clients.
Comme Bosh, de nombreux industriels se sont lancés dans l'usine 4.0. Un processus qui s'inscrit d'ailleurs dans le Plan Usine du futur, une initiative de l'État qui vise à accompagner les PME et les ETI de la région Auvergne Rhône-Alpes « pour robotiser et moderniser leurs appareils productifs ». Pareillement, dans l'agriculture et les services, le numérique transforme le modèle des affaires, ouvre de nouveaux marchés, affecte les modes de travail, préfigurant les (r)évolutions à venir.
Nombre d'entreprises sont conscientes de cette opportunité. Certaines se dotent même d'une direction spécifique, chargée du processus.
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Ce développement numérique va conduire à « l'éclatement de l'entreprise, avec une accélération de la mise en réseau à l'image de ce qui se passe déjà dans l'industrie automobile et l'aéronautique », souligne Bernard Baudry, professeur de sciences économiques à l'Université Lumière Lyon 2, membre du laboratoire Triangle (CNRS/Lyon 2/ ENS de Lyon/Sciences Po Lyon/UJM). Ce réseau se construit grâce aux outils numériques et permet un reporting en temps réel, même lorsque l'intervenant se trouve hors de l'entreprise. Ce réseau évolutif se fait et se défait au gré des projets et des opportunités.
Philippe Durance, professeur au Centre national des arts et métiers (Cnam), directeur de la chaire Prospective et développement durable, va plus loin :