Après avoir été l’un des principaux moteurs de la mutation numérique de La Poste, sa filiale francilienne Docaposte compte bien damer le pion aux grands cabinets privés et devenir l’un des acteurs majeurs de la transformation numérique. Après avoir musclé ses expertises à travers plusieurs acquisitions au cours des dernières années (dont deux en Auvergne Rhône-Alpes avec Probayes et Heva, dont le rachat vient d'être annoncé ce mercredi), Docaposte a constitué un pôle de data et d’IA de 400 collaborateurs. Avec désormais, quatre verticales en vue et un acteur public qui compte bien se...Sa création semble déjà loin, de même que ses missions initiales : la filiale de la Poste, Docapost, avait été fondée en 2007, à l'origine pour assurer le traitement documentaire du groupe... Mais depuis, la digitalisation de l'économie et la crise sanitaire sont passées par là, renforçant et réorientant à mesure les ambitions du groupe.
L'arrivée du nouveau pdg de Docaposte, Olivier Vallet en 2017 s'était d'ailleurs soldée par un passage de 400 à 750 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'échelle du groupe, qui emploie désormais 6.400 salariés, et surtout, par le choix de faire de cette filiale du groupe postal un « acteur de confiance » dans le numérique. Un acteur amené finalement à muscler fortement ses compétences dans les champs, alors émergeant, de l'IA et des datas.
« L'idée étant de dire que nous ne sommes pas simplement un acteur reconnu dans le courrier ou le colis, mais aussi un acteur de big tech », affirme Guillaume Leboucher, le coordinateur du nouveau pôle IA et data de Docaposte. L'un des exemples les plus parlant est peut-être sa collaboration, engagée depuis plusieurs années par le biais de sa pépite iséroise Probayes, avec des constructeurs comme PSA et Toyota dans le domaine des voitures et navettes autonomes.
« Nous travaillons déjà, grâce à l'intelligence artificielle, sur le sujet de la perception, afin de voir comment s'assurer de ne pas rater des piétons, véhicules, et donc de s'approcher du risque zéro, mais aussi sur le sujet de l'anticipation du comportement des usagers sur la route afin d'être capables, en observant un véhicule quelques secondes, de dire quelle est la probabilité qu'il changer de voie dans les secondes suivantes ou d'anticiper les comportements humains», explique Kamel Mekhnacha, directeur général de Probayes.
Cette voie est d'ailleurs passée par celle de la croissance externe : avec une amorce dès 2016 avec le rachat de Probayes, qui développait depuis le début des années 2000 des solutions sur mesure d'IA (machine learning et deep learning) et constitue aujourd'hui le socle de ses compétences en IA. Puis en 2019, avec l'arrivée dans le giron du groupe postal de l'ESN francilienne Softeam spécialisée dans le secteur banque-assurance, puis du cabinet de conseil parisien Openvalue et de ses 120 consultants spécialisés en data et intelligence artificielle en 2021.