Comerso, le prestataire antigaspi des enseignes de la grande distribution alimentaire, d'Auchan à Système U en passant par Leclerc, continue à étendre sa toile vertueuse articulée sur la gestion pour compte d'autrui de la collecte et de la redistribution de marchandises invendues. C'est ainsi que l'entreprise bordelaise vient d'annoncer la signature d'un nouveau contrat avec l'enseigne de vêtement et matériel de sport Decathlon.
Désormais frappée d'illégalité depuis le 1er janvier 2022 par la loi Agec (Anti-gaspillage et économie circulaire) du 10 février 2020, la destruction des invendus non alimentaires se double de peines d'amende pour les contrevenants. Les enseignes de la grande distribution s'engagent d'autant plus facilement dans cette voie anti-gaspillage tracée par la loi Agec que la sauvegarde de ces produits invendables s'accompagne d'une incitation qui n'a rien de négligeable, puisqu'elle consiste en la récupération d'un avoir fiscal représentant 60 % de la valeur d'achat.
Comerso n'a pas de zone logistique ni le moindre entrepôt. Les commandes validées par le donneur d'ordre, en l'occurrence Decathlon, servent à la constitution de listings qui détaillent, au lacet près, la nature de tous les objets à récupérer. Ce sont ensuite les associations, comme la Croix Rouge, qui organisent les tournées de récupération des bacs. Comme le précise François Vallée les invendus transformés se divisent en trois catégories : les produits issus des nouvelles collections, ceux qui sont légèrement abimés mais sans conséquence fonctionnelle, du type manche de raquette taché, et ceux qui ont été retournés par les clients. Et même si la transformation en dons des invendus représente 80 % de son activité, Comerso organise aussi parfois des opérations promotionnelles dédiées au sein des magasins.